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Les Guyanais réclament un "statut particulier" pour le territoire, les négociations suspendues

Manifestation de soutien à la grève générale en Guyane, le 28 mars 2017, à Cayenne.
Manifestation de soutien à la grève générale en Guyane, le 28 mars 2017, à Cayenne. Jody Amiet, AFP (archives)

Malgré les annonces de la délégation ministérielle en Guyane, le collectif portant le mouvement social se dit insatisfait et réclame notamment un "nouveau statut" pour ce territoire ultramarin.

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"Les annonces qui ont été faites sont très minimes", pour le porte-parole des 500 Frères. Le président du Medef Guyane, Stéphane Lambert, "doute pour le moment" que les mesures soient à la hauteur. Globalement, les acteurs qui soutiennent le mouvement de contestation sociale en Guyane n'ont pas été satisfaits des mesures annoncées samedi 1er avril par la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, et le ministre de l'Intérieur Mathias Fekl, dont des investissement à hauteur de plus d'un milliard d'euros dans les domaines de la justice, de l'éducation, de la sécurité et de la santé.

Le collectif portant le mouvement social en cours depuis deux semaines en Guyane a réclamé samedi un "nouveau statut" pour ce territoire, paralysé depuis deux semaines, et où Paris a dépêché deux ministres pour tenter de résoudre le conflit, pour l'instant en vain.

Le collectif "Pou La Gwiyann dékolé", qui regroupe l'ensemble des mouvements protestataires, "demande au président de la République et au gouvernement d'entamer les discussions avec la société guyanaise afin d'ouvrir un débat clair, transparent, visant à doter notre pays, trop éloigné des centres de décisions hexagonaux, un statut particulier pour la Guyane", a déclaré l'un de ses membres, Davy Rimane, depuis le perron de la préfecture, où des discussions se tenaient avec la ministre.

Des centaines de personnes massées en contrebas ont réagi par des cris de joie.

Un statut qui "empêche la Guyane d'avancer"

Davy Rimane, par ailleurs militant du syndicat UTG-énergie, a justifié cette exigence par la volonté de se débarrasser d'un lien "trop centralisé et vertical avec Paris", qui empêche la Guyane "d'avancer". "Avec un autre système, on pourrait décider nous-mêmes de ce qui est bon pour nous", plutôt que de "demander des autorisations pour tout" en métropole, a-t-il expliqué.

Les électeurs de Guyane ont dit nettement "non" en janvier 2010 à l'autonomie accrue de leur département qui leur était proposée lors d'un référendum, organisé à la demande d'une majorité de leurs élus locaux.

"Mais cette crise est l'expression de l'échec de ce référendum, a observé Gauthier Horth, un autre membre du collectif. Car le cadre réglementaire n'est pas du tout en adéquation avec la réalité guyanaise." Et cet entrepreneur de citer l'exemple de piroguiers qui, lorsqu'ils travaillent pour la fonction publique, sont employés comme "chauffeurs automobiles", tout simplement car le métier de piroguier "n'existe pas" dans la nomenclature hexagonale.

"L'État exerce ses pouvoirs régaliens sans se soucier d'efficacité", a pesté M. Horth.

>> À lire : "Guyane : les racines du malaise"

La question du statut particulier de la Guyane était incluse dans les quelque 428 revendications du collectif apportées jeudi aux ministres Matthias Fekl et Ericka Bareigts . "La réponse du gouvernement a été 'non', à cause de la consultation de 2010", a indiqué Davy Rimane.

"Le gouvernement a entendu les aspirations et les demandes des Guyanais", a cependant estimé le ministre de l'Intérieur, avant de s'envoler samedi vers la métropole.

Les négociations devaient cependant reprendre dimanche (à 11 h, heure locale).

Avec AFP

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