Découvertes

Des neuroscientifiques ont aidé à rendre le nouveau billet de 50 euros moins falsifiable

Thomas Trutschel/Photothek via Getty Images

La nouvelle version du billet de 50 euros comporte une dizaine de nouveaux repères. De quoi permettre à n'importe qui d'identifier les faux.

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Dans la zone euro, le billet de 50 euros est la coupure la plus utilisée. Or, son design est resté inchangé depuis 2002 ; il était donc temps de lui payer un petit ravalement de façade. Surtout, l'objectif de cette refonte (que les citoyens pourront découvrir mardi 4 avril dans leurs distributeurs automatiques) est de lutter contre la contrefaçon.

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Grâce à un ensemble de petits tricks visuels, ce billet est "très innovant en termes de signes de sécurité", a promis François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, pendant la conférence de presse, lundi 3 mars. Out l'idée de n'avoir recours qu'aux technologies de pointe : si les mérites de ce nouveau billet de 50 euros sont tant vantés, c'est parce que celui-ci sera reconnaissable par tous, et cela, grâce au travail de neuroscientifiques qui ont travaillé à le rendre identifiable à l'œil nu, comme le fait remarquer le site américain Quartz.

Portrait de la "princesse Europe", impressions en reliefs, etc.

Alors que l'ancien billet sera toujours accepté, la nouvelle version imprimée à 6,5 milliards d'exemplaires présente de nombreuses particularités censées dissuader la falsification. Au total, une dizaine de repères permet à chacun de vérifier que le billet n'est pas une contrefaçon. Parmi eux, des impressions en relief afin que les personnes malvoyantes puissent reconnaître la devise, le numéro 50, dont la couleur change lorsque l'on courbe le billet ainsi qu'un portrait de la princesse Europe que l'on retrouve dans un encart transparent situé à droite du billet.

"Le cerveau de l'homme reconnaît les visages bien mieux que les monuments"

C'est en travaillant main dans la main avec des neuroscientifiques de l'université de Stanford que la Banque centrale européenne a listé ces moyens d'authentifier des billets. Jusqu'alors, les faux billets étaient surtout détectés par les experts en sécurité aidés de leurs machines, pas par les citoyens qui les manipulent pourtant tous les jours. Au lieu de s'en tenir à une technologie de pointe, l'idée a été cette fois de se concentrer sur ce qui ferait d'un vrai billet de 50 euros un billet reconnaissable par tous. David Eagleman, l'un des neuroscientifiques sollicité pour cette mission, a formulé plusieurs recommandations : la première concernait le portrait de la princesse Europe. "Le cerveau de l'homme reconnaît les visages bien mieux que les monuments. Et puisque les illustrations des billets sont souvent dessinées à la main, notons qu'il est plus facile de reconnaître un faux visage qu'un faux bâtiment", a-t-il expliqué dans une analyse publiée dans le Financial Times.

La deuxième proposition touchait à la taille du billet ; trop coûteuse, elle n'a pas été retenue. La troisième proposait de repenser la multitude de détails présents sur un billet : David Eagleman estimait qu'en se contentant du numéro 50 imprimé sur fond blanc, on rendrait le billet plus clair, moins fouilli et donc davantage reconnaissable. Mais ce dernier conseil a également été rejeté. "Réfléchir au design d'un billet de banque est un vrai défi culturel. Les monnaies sont supposées refléter les pouvoirs régaliens et les talents artistiques d'une entité géographique", a commenté le scientifique, toujours dans les colonnes du Financial Times. Less is more... sauf quand il s'agit du soft power d'un territoire.

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