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Nicolas Dupont-Aignan parle de "viol du peuple" : il faut cesser avec ces expressions malheureuses

Montage Mashable FR

Lors du débat entre les 11 candidats à la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan a parlé de "viol du peuple" pour qualifier le contournement du référendum lors de l'adoption du traité de Lisbonne. Une expression bien malheureuse.

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C'est une première pour cette Ve République : tous les candidats à la présidentielle sont réunis sur un même plateau télévisé, ce mardi 4 avril. Mais ce n'est malheureusement pas la dernière dans l'histoire de l'art oratoire : le mot "viol" a encore été employé à tort et à travers.

VOIR AUSSI : Ce qu'il faut (à peu près) avoir retenu du premier débat entre les 5 principaux candidats à la présidentielle

Cette fois-ci, c'est de la bouche de Nicolas Dupont-Aignan qu'est sortie l'expression malheureuse. "Comment croire le premier ministre qui a bafoué le vote des Français en 2005, a fait voter le traité de Lisbonne par le Parlement, cela a été un viol du peuple ?", a-t-il lancé à l'adresse de François Fillon, candidat Les Républicains. "Viol du peuple", vraiment ? "Trahison démocratique", "non-respect de la parole donnée" ou "duperie du pouvoir" aurait pourtant tout aussi bien fait l'affaire. Car, si appliqué à quelque chose (une loi, un traité, une intimité, etc), le verbe "violer" veut dire "enfreindre", appliqué à quelqu'un (comme c'est le cas ici parce qu'on parle d'un peuple), il signifie bien "abuser sexuellement", comme l'indique le dictionnaire.

Sur Twitter, les réactions outrées n'ont pas tardé.

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Car le mot est effectivement grave. Un viol constitue un crime ; c'est un acte sexuel contraint par lequel une personne se voit imposer une pénétration sexuelle. C'est aussi, dans notre espace médiatique parfois frileux, un mot que l'on rechigne trop souvent à employer pour des affaires qui le mériteraient pourtant, au profit de l'euphémisme "agression". Souvenons-nous, c'était il n'y a pas si longtemps : pour évoquer l'affaire Théo, nombreux ont été les médias (France 2, Le Monde ou encore France Inter) à priviléger l'expression "interpellation violente", comme le faisait remarquer Titiou Lecoq sur Slate.fr.

Alors quitte à l'employer, employons-le pour les bonnes raisons. Et évitons d'abuser de ces formules oratoires choc qui ont pour seul effet de banaliser un mot tout en faisant de l'ombre à une réalité dramatique à laquelle il faut pourtant sensibiliser l'opinion publique.

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