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SYRIE

Frappes américaines en Syrie : "Une agression contre une nation souveraine"

Un navire de guerre américain abritant des lances-missiles en mer Méditerranée, le 20 septembre 2016.
Un navire de guerre américain abritant des lances-missiles en mer Méditerranée, le 20 septembre 2016. HO, US Department of Defense, AFP
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La Russie, alliée de Damas, a dénoncé vendredi une "agression contre une nation souveraine" en "violation des normes du droit international" après des frappes menées par l'armée américaine contre une base militaire syrienne.

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Les réactions internationales se sont multipliées, vendredi 7 avril, après le bombardement par l'armée américaine d'une base militaire syrienne, d'où aurait été menée l'attaque chimique de mardi. Allié de Bachar al-Assad, le président russe, Vladimir Poutine, a estimé que ces frappes constituaient une "violation des normes du droit international" et qu'elles pénalisaient gravement les relations entre les États-Unis et la Russie, ont rapporté les agences de presse russes citant le Kremlin, vendredi.

Pour Vladimir Poutine, cette initiative américaine est "une agression contre une nation souveraine" en se servant "d'un prétexte fallacieux", a déclaré Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin. "Cela vise à détourner l'attention de la communauté internationale des morts civiles provoquées par l'offensive contre la ville de Mossoul dans le nord de l'Irak, a ajouté le porte-parole russe", précisant que le Kremlin ne croit pas que la Syrie dispose d'armes chimiques.

La Russie va demander la tenue d'une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'ONU après l'attaque américaine en Syrie, avait annoncé un peu plus tôt Viktor Ozerov, le chef de la commission de défense de la Chambre haute du Parlement russe, cité par l'agence russe RIA.

L'Iran, autre allié de poids du régime syrien, a fermement condamné les frappes américaines, selon l'agence iranienne Isna. Cette attaque ne fera qu'"aider les groupes terroristes qui sont en déclin et compliquer encore la situation en Syrie et dans la région", a déclaré Bahram Ghassemi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, cité par l'agence Fars. Le régime syrien et ses alliés iranien et russe qualifient de "terroristes" tous les groupes armés rebelles et jihadistes en Syrie.

Pour la Turquie, la frappe est "insuffisante"

"Je salue cette mesure concrète et positive", a déclaré le président turc, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours à Antakya, dans le sud de la Turquie. "Est-ce suffisant ? Je ne crois pas. Pour avoir des résultats probants, il est temps de prendre des mesures pour protéger le peuple syrien opprimé", a-t-il ajouté. Peu de temps avant, son vice Premier ministre, Numan Kurtulmus, spécifiait que "le régime de Assad doit être puni entièrement sur le plan international".

L'Arabie saoudite et Israël quant à eux, ont apporté leur soutien aux frappes américaines. "Israël soutient totalement la décision du président Trump et espère que ce message de détermination face aux agissements ignobles du régime de Bachar al-Assad sera entendu non seulement à Damas, mais aussi à Téhéran, Pyongyang et ailleurs", a indiqué le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Riyad a salué la "décision courageuse" du président Donald Trump, dans sa réponse à l'utilisation présumée d'armes chimiques par le régime syrien contre des civils.

Londres a de son côté annoncé "soutenir pleinement l'action des États-Unis". Ces frappes sont "une réponse appropriée à l'attaque barbare à l'arme chimique perpétrée par le régime syrien", a estimé un porte-parole de Downing Street.

"Une condamnation" du "régime criminel" de Bachar al-Assad selon Ayrault

En France, le président François Hollande a apporté son soutien aux frappes, jugeant dans un communiqué commun avec la chancelière allemande Angela Merkel, que le président Bachar al-Assad en portait "l'entière responsabilité" et que son recours aux armes chimiques ne pouvait rester impuni.

Le ministre des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault a estimé que ces bombardements constituaient un "avertissement" et une forme de "condamnation" du "régime criminel" de Bachar al-Assad. La Russie et l'Iran, alliés du régime syrien, doivent comprendre que soutenir Bachar al Assad n'a pas de sens, a poursuivi Jean-Marc Ayrault, précisant que la France ne souhaitait aucune confrontation avec ces deux pays."Bachar al-Assad devra être jugé comme criminel de guerre", a-t-il même ajouté sur Twitter.

La France n'est pas partie belligérante en Syrie, a-t-il souligné, ajoutant qu'elle était seulement membre de la coalition de lutte contre l'organisation de l'État islamique.

Avec AFP et Reuters

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