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Economie

Élection présidentielle : Facebook fait un nettoyage de printemps des faux comptes en France

© iStock | Facebook a souvent été critiqué pour sa prétendue passivité à l'égard des fausses informations sur sa plateforme.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 14/04/2017

Facebook a épinglé 30 000 comptes d'utilisateurs français, soupçonnés de ne pas être authentiques et les a tous suspendus. Une initiative prise à l’approche de l’élection présidentielle.

À neuf jours du premier tour de la présidentielle française, Facebook veut assurer ses arrières. Pas question de vivre une redite de l’affaire des “fake news”, qui avait déstabilisé le réseau social aux États-Unis, accusé d’avoir laissé proliférer des rumeurs ayant favorisé l'élection de Donald Trump.

Facebook a affirmé, jeudi 13 avril, avoir pris des mesures contre 30 000 faux comptes français, dans le cadre d'un récent renforcement des mesures de lutte contre les propagateurs de rumeurs et autres spammeurs, détaillé dans un billet de blog par Shabnam Shaik, responsable des programmes techniques chez Facebook. "Ces comptes français ont été suspendus”, explique le réseau social, contacté par France 24.

Pleine page de pub dans différents journaux

Shabnam Shaik ne fait aucune référence à l'élection présidentielle mais difficile de ne pas faire le lien : la France est le seul pays cité dans le billet de blog et c’est le prochain pays européen à connaître une échéance électorale importante.

En outre, Facebook s’est lancé dans une entreprise de séduction médiatique dans l’Hexagone. Il s’est offert, vendredi 14 avril, une page entière de publicité dans plusieurs médias de premier plan - Le Monde, Le Parisien, Libération ou encore Les Échos - pour appeler les électeurs à la cyber-vigilance. Cette annonce liste une série de recommandations comme “vérifier les sources” d’une information, “faire attention aux illustrations qui sont souvent retouchées”.

Impossible de savoir si les comptes français visés faisaient de la désinformation politique, s’adonnaient à du spam publicitaire ou à du harcèlement en ligne. Facebook affirme n’avoir pas cherché à vérifier les contenus. “Nous avons ciblé des comportements révélateurs de l’activité d’un compte non authentique”, précise le site.

Pression grandissante

Le réseau social a établi une série d’indices révélateurs d’un faux compte. “Il y a, par exemple, ceux qui postent trop souvent le même message ou alors ceux qui envoient un grand nombre de demandes d’amis ; demandes qui sont souvent rejetées”, énumère Facebook.

Si Facebook est passé à la vitesse supérieure dans sa lutte contre la désinformation sur son site, c’est qu’il fait l’objet d’une forte pression de la part des pays européens en la matière. Il a déjà pris plusieurs initiatives, comme la mise en place en France et en Allemagne d’un outil de “fact-checking”, mais cela n’a pas suffi. La Commission européenne a averti, en janvier 2017, qu’elle était prête à prendre les “actions nécessaires” - sans en préciser la nature - si Facebook ne luttait pas suffisamment contre les fausses informations. Le gouvernement allemand, quant à lui, réfléchit à des amendes de 500 000 euros infligées aux réseaux sociaux, qui n’effaceraient pas des “fake news” identifiées comme telles au plus vite.

Première publication : 14/04/2017

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