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Les Afghans veulent faire tomber des responsables après la tuerie des Taliban

Des forces de sécurité afghanes sur le site de l'attaque des Taliban contre une base militaire, le 21 avril 2017.
Des forces de sécurité afghanes sur le site de l'attaque des Taliban contre une base militaire, le 21 avril 2017. Farshad Usyan, AFP

Après l'assaut meurtrier conduit par un commando de Taliban contre une base militaire des forces armées du nord de l'Afghanistan qui a fait des dizaines de morts, vendredi, la population pays réclame des comptes aux autorités.

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Le bilan reste incertain deux jours après la tuerie, revendiquée par les Taliban, survenue vendredi dans une base militaire du nord de l'Afghanistan qui a fait 130 morts au moins. La presse afghane s'accorde sur plus de 130 morts et quelques dizaines de blessés sévèrement atteints, faute de données officielles et de communication de la part du gouvernement, qui a décrété une journée de deuil national.

Le ministère de la Défense s'en tient depuis 24 heures à "plus de cent tués et blessés", bilan de plus de cinq heures de carnage contre des soldats fauchés à la mosquée ou au réfectoire, désarmés, par dix hommes en uniforme, arrivés à bord de camions militaires avec fusils mitrailleurs et vestes explosives. Le ministère précise qu’un assaillant a été arrêté, deux se sont fait exploser, les autres ont été abattus.

Dès samedi matin, un commandant de la base du 209e Corps d'armée, située à une quinzaine de kilomètres de Mazar-è-Charif, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, avait annoncé à l'AFP "au moins 140 tués". Les Taliban pour leur part revendiquent "500 tués".

Gronde contre les responsables afghans

Cette confusion, doublée de l'incapacité des responsables et des services de renseignement à protéger leurs forces armées au sein même d'une base, suscite rancœur et indignation dans le pays. Sur les réseaux sociaux, que la société civile afghane utilise pour se faire entendre, le chagrin le dispute à la colère.

Ill s'agit surtout de demander des comptes : "Qui va démissionner après le désastre de Mazar ? Le ministre de la Défense, le vice-ministre ou quelque lampiste ?" demande ainsi sur Twitter "Badloon", un analyste politique engagé dans les mouvements de jeunesse.

"La meilleure façon d'honorer (les morts) est de punir ceux qui ont failli ou coopéré avec l'ennemi : certains responsables doivent partir" renchérit un autre.

Beaucoup demandent la démission du ministre de la Défense Abdullah Habibi et celle du commandant du 209e Corps d'armée pour "négligence": "Nous n'avons pas besoin de deuil national", "que fait le gouvernement pour empêcher ces atrocités à part condamner ?".

"Un fiasco total"

Pour Atiqullah Amarkhail, analyste joint par l'AFP, le désastre de Mazar est d'abord "un fiasco total des services de renseignements qui se répète et se répète. Nous sommes face à une guérilla avec des combattants qui attaquent par petits groupes et causent d'énormes dégâts. On devrait apprendre à contrer leurs tactiques".

Le mois dernier, c'est le plus grand hôpital militaire du pays, au cœur de Kaboul, qui subissait l'assaut concerté de plus d'une dizaine de terroristes pendant plus de six heures avec, comme à Mazar, des accusations portant sur des complicités au sein de l'établissement.

Là encore le bilan officiel a été arrêté à une cinquantaine de tués contre toute vraisemblance, des rescapés et des sources de sécurité avançant plus du double. Le Parlement avait tenté de démettre les ministres de l'Intérieur et de la Défense, ainsi que le patron du NDS, les services de renseignement. En vain.

Avec AFP
 

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