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Divisés, les Républicains appellent finalement à voter "contre Marine Le Pen"

Le secrétaire général du parti Les Républicains Bernard Accoyer, entouré d'Annie Genevard et de Gérard Larcher, lundi 24 avril 2017, au siège de LR à Paris.
Le secrétaire général du parti Les Républicains Bernard Accoyer, entouré d'Annie Genevard et de Gérard Larcher, lundi 24 avril 2017, au siège de LR à Paris. Martin Bureau, AFP

Réunis lundi à Paris, les ténors des Républicains ont appelé à "voter contre Marine Le Pen", sans toutefois parler explicitement d'un vote en faveur d'Emmanuel Macron. Ils ont également abandonné le projet du candidat Fillon.

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Appeler à voter au second tour de l'élection présidentielle contre Marine Le Pen, sans toutefois prononcer le nom d’Emmanuel Macron. C’est le compromis trouvé chez Les Républicains, après une journée de discussions parfois tendues. Les principaux responsables LR ont en effet laissé éclater leurs divergences, lundi 24 avril, lors d'un comité politique à Paris.

Le texte publié a finalement été avalisé dans la soirée par les 120 membres du bureau politique du parti, mais sans vote comme cela était pourtant initialement prévu.

"Face au FN, l'abstention ne peut être un choix. Nous appelons à voter contre Marine Le Pen pour la faire battre au second tour de l'élection présidentielle, et nous engagerons dès demain la campagne des législatives avec notre projet d'alternance, le seul capable de redresser la situation en France", peut-on lire. Seule l'abstention est exclue dans ce texte, qui suggère donc soit de voter blanc, soit de voter pour le candidat d'En Marche.

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"C'est un compromis", ont expliqué à l'AFP plusieurs participants au comité politique puis au bureau politique, entre ceux qui voulaient appeler explicitement à voter Emmanuel Macron, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, Xavier Bertrand, Christian Estrosi, Jean-François Copé, Thierry Solère, Gérard Larcher ou Luc Chatel, et ceux qui plaidaient, à l'instar de Laurent Wauquiez, pour "faire barrage" à la présidente du FN mais sans appel explicite en faveur de l'ex-ministre de l'Économie.

NKM et Estrosi marquent leur différence

Les termes employés dans le communiqué publié par LR n’ont toutefois pas fait l’unanimité et plusieurs figures du parti ont tenu à le faire savoir.

Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, "on ne renvoie pas dos à dos le FN et le candidat républicain qui lui est opposé. Face à l'extrême droite, on vote républicain". NKM "regrette que le bureau politique n'ait pas validé une position plus claire", "se félicite d’avoir avec d’autres battu la thèse mortifère du 'ni-ni'" et "appelle sans ambiguïté à voter pour Emmanuel Macron".

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Christian Estrosi, s'est lui plaint de ce qu'il "ne se retrouve plus dans les LR", reprochant à Laurent Wauquiez de "refuser d'appeler à voter Macron".

Mais pour le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, "c'est suicidaire de se rallier à Macron et ensuite, aux législatives, d'appeler à se battre contre lui".

Le candidat Fillon et son projet enterrés

Les Républicains ont également profité de la journée pour abandonner définitivement le projet du candidat François Fillon. Dans une allocution de quelques minutes devant le bureau politique de LR, ce dernier a reconnu qu’il n’avait "plus la légitimité pour mener" le "combat" des législatives et a affirmé vouloir "redevenir un militant de cœur parmi les autres". "Je vais devoir penser ma vie autrement, panser aussi les plaies de ma famille", a déclaré l'ancien Premier ministre et actuel député de Paris, mis en examen notamment pour détournement de fonds publics concernant le possible emploi fictif de sa femme, Penelope.

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En conséquence, le secrétaire général du parti, Bernard Accoyer, a confié au sarkozyste Christian Jacob, président du groupe LR à l’Assemblée nationale, la mission de mener la campagne des législatives. Le député de l’Oise Éric Woerth, lui aussi sarkozyste, a de son côté été chargé de la rédaction du projet que devront défendre les candidats LR aux législatives.

Exit, donc, le programme de François Fillon, encore considéré il y a quelques jours comme "le meilleur pour relever la France", selon ses soutiens durant la campagne. Lors d’un déjeuner avec plusieurs ténors LR, lundi midi, Nicolas Sarkozy a notamment remis en cause l’augmentation de deux points de la TVA ou la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires. L’objectif pour Éric Woerth sera donc de proposer un projet moins radical, susceptible de plaire à l’ensemble des sensibilités de la droite et du centre.

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