Accéder au contenu principal

La Chine progresse dans la construction de sa propre station spatiale pour concurrencer l'ISS

Construction de la Station spatiale internationale (ISS) en 2006.
Construction de la Station spatiale internationale (ISS) en 2006. NASA

Bonne nouvelles pour la Chine, qui a envoyé avec succès un vaisseau cargo inhabité dans l'espace, le 20 avril. C'est la preuve que le pays fait de grandes avancées dans la construction de sa propre station Tiangong-2.

PUBLICITÉ

Une nouvelle course à l'espace ? On avait connu ça pendant la Guerre froide, entre les États-Unis et la Russie. Aujourd'hui cela semble recommencer, mais cette fois-ci, c'est la Chine qui fait office de concurrent pour la puissance américaine.

VOIR AUSSI : La NASA veut savoir si l'on pourrait vivre finalement plus longtemps dans l'espace

Le 20 avril, le pays a lancé le vaisseau cargo inhabité Tianzhou-1 dans l'espace. Propulsée par une fusée à charge lourde Long March 9, Tianzhou-1 s'est déjà arrimé à une station embryonnaire du même nom. Cette réussite prouve la capacité des Chinois à mener à bien un vol éventuellement habité et à construire leur propre station spatiale nationale. D'ici 2 mois, le complexe Tianzhou-1 devra s'arrimer à Tiangong-2, un prototype de station spatiale à moindre échelle et effectuer plusieurs expériences dans l'espace.

Une station spatiale nationale, preuve d'indépendance

Ces opérations révèlent l'ambition de la Chine de posséder sa propre station spatiale. Aujourd'hui, il n'en existe qu'une dans le monde : la Station spatiale internationale (ISS), fruit d'une collaboration internationale initiée par la NASA et menée par les agences spatiales russe, européenne, canadienne et japonaise.

Mais l'avenir est flou pour l'ISS : nul ne sait quel sera son exploitation après 2024, année d'arrêt des financements par les États-Unis. C'est l'occasion pour la Chine de venir occuper l'espace, tout du moins l'orbite de la Terre, avec sa propre station. C'est aussi l'occasion pour d'autres puissances de faire de ces projets spatiaux des enjeux diplomatiques.

"Nous devons comprendre qui sont nos partenaires"

La Russie, par exemple, change de camp. Après le prolongement du financement de l'ISS pour 10 ans, annoncé par Barack Obama en 2014, l'agence spatiale fédérale de Russie Roscosmos annonce qu'elle retirera ses cosmonautes de la Station spatiale internationale en 2024, quel que soit l'avenir du programme international. "C'est maintenant qu'il faut prendre une décision à propos de l'ISS", a déclaré Andrei Ionin, chef analyste à l'Académie russe de cosmonautes, à la presse russe en avril. "Nous évaluons actuellement nos options, chose que nous aurions dû faire bien plus tôt."

Le responsable a aussi annoncé vouloir former une station rivale à l'ISS avec l'aide de la Chine. "La question essentielle ne porte pas sur la taille de la station ou son positionnement dans l'espace – en orbite autour de la Terre ou autour de la Lune", précise-t-il : "Elle porte sur la coopération internationale. Nous devons comprendre qui sont nos partenaires."

L'espace, nouvelle zone de guerre

Mais pourquoi autant d'intérêt pour l'espace ? Bien sûr, il y a le rayonnement médiatique que chaque avancée spatiale représente pour un pays ou une organisation. Mais pas seulement. "Nos capacités spatiales sont aujourd'hui critiques dans la manière dont nous menons une guerre", confirme Todd Harrison, directeur du projet de sécurité aérospatiale au Centre des Études stratégiques et internationales (CSIS), à CNBC.

"Nos capacités spatiales sont critiques dans la manière dont nous menons une guerre"

Qu'il s'agisse de navigation, de renseignement ou de simples communications GPS, la présence et la maîtrise de l'espace se révèlent cruciales dans notre monde actuel. Être capable d'atteindre ou détruire des satellites ennemis peut, sur Terre, paralyser un pays ou une armée entière.

"La Chine montre actuellement au monde entier qu'elle peut faire quelque chose contre nos capacités spatiales", confirme Todd Harrison. Il ajoute que "les Russes ne sont pas loin derrière." Il est logique que ces deux nations se rapprochent quand il s'agit de projet spatial. Et si l'on peut se réjouir de voir de nouveaux acteurs partir à la conquête de l'espace, il faut espérer que les cosmonautes de demain ne feront pas de l'univers leurs nouvelles tranchées.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.