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Le maire de Béziers proche du FN Robert Ménard condamné pour "provocation à la haine"

Robert Ménard, le maire de Béziers, lors d'un conseil municipal le 18 octobre 2016.
Robert Ménard, le maire de Béziers, lors d'un conseil municipal le 18 octobre 2016. Sylvain Thomas, AFP

Robert Ménard, maire de Béziers soutenu par le Front national, a été condamné mardi à 2 000 euros d'amende pour "provocation à la haine" après ses déclarations sur le "problème" des "enfants musulmans" dans sa commune. Il va faire appel.

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Le maire de Béziers Robert Ménard, proche du Front national, a été condamné mardi 25 avril à 2 000 euros d'amende pour "provocation à la haine et la discrimination". Il avait déclaré qu'il y avait trop d'enfants musulmans dans les écoles de sa ville.

Le tribunal correctionnel a également accordé entre un euro symbolique et mille euros de dommages et intérêts et mille euros de frais de justice à sept associations antiracistes parties civiles, dont la Licra, le Mrap, la Ligue des droits de l'Homme, SOS racisme et la Maison des potes.

 

>> À lire aussi : Fichage des élèves musulmans : perquisition à la mairie de Béziers

L'élu était poursuivi pour avoir publié sur Twitter le 1er septembre 2016 le message suivant :

Il était également visé pour avoir déclaré sur LCI le 5 septembre : "Dans une classe de centre-ville de chez moi, 91 % d'enfants musulmans. Évidemment que c'est un problème."

Provocation à la haine

Le procureur avait requis 1 800 euros d'amende contre l'édile, considérant qu'il avait "montré du doigt des gosses", décrits comme un poids pour la communauté nationale. "Il les réduit à leur religion, peu importe qu'ils aient la nationalité française ou ne pratiquent pas cette religion", avait dénoncé le magistrat. L'avocat de Robert Ménard avait plaidé la relaxe en appelant le tribunal à ne pas prononcer "une peine de mort de la liberté de penser".

À l'issue de l'audience, l'avocat de la Licra a assuré auprès de l'AFP que son association resterait vigilante vis-à-vis des propos à venir de Robert Ménard, qui "se doit de montrer l'exemple en tant qu'élu, au lieu d'inciter une partie de ses administrés à se retourner contre une autre". "Finalement, Robert Ménard s'en sort avec une peine dérisoire", a commenté Samuel Thomas, de la Maison des potes, regrettant que la justice n'ait pas prononcé une peine d'inéligibilité ou de privation des droits civiques à son encontre. La "provocation à la haine" est passible d'un an de prison et de 45 000 euros d'amende.

"J'ai décrit une situation"

"Si dire la vérité, ce que l'on voit, devient un délit, nous ne pourrons plus jamais rien dire", a réagi le maire de Béziers. "J'ai décrit une situation, j'ai dit ce que tous les élus constatent et n'osent jamais dire", a-t-il affirmé à l'AFP. "Quand je parle de 90 % d'enfants d'immigrés dans les classes, c'est un problème pour eux, pour leur intégration", a-t-il ajouté. "Les laisser comme cela, c'est les condamner eux. C'est pour cela que j'essaie de résoudre ce problème."

Élu en 2014 à la tête de Béziers, ville héraultaise de 70 000 habitants, avec le soutien du Front national et à la faveur d'une triangulaire, l'ancien président de Reporters sans frontières est coutumier des polémiques, notamment sur l'immigration, la guerre d'Algérie ou la sécurité.

Avec AFP

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