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Double meurtre de Montigny-lès-Metz : Francis Heaulme à nouveau dans le box des accusés

Croquis d'audience de Francis Heaulme.
Croquis d'audience de Francis Heaulme. AFP

Plus de trente ans après les meurtres de deux enfants à Montigny-lès-Metz en 1986, le tueur en série Francis Heaulme est jugé devant les assises de la Moselle pour la cinquième fois. Il paraît peu probable que l'accusé avoue les faits.

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La justice n’en a toujours pas fini avec Francis Heaulme. Plus de trente ans après les meurtres de deux garçons de 8 ans, près de Metz en 1986, le tueur en série comparaît à partir de mardi 25 avril devant les assises de la Moselle pour le cinquième procès d'une affaire hors norme.

Accusé d'avoir tué Alexandre Beckrich et Cyril Beining à coup de pierre le 28 septembre 1986 sur un talus SNCF de Montigny-lès-Metz, le "routard du crime", déjà emprisonné pour neuf meurtres, est "prêt à se battre" pour prouver qu'il n'est pas coupable, a indiqué son avocate, Me Liliane Glock.

Les corps des deux garçons, partis jouer avant le dîner, avaient été retrouvés vers 20h par les enquêteurs, les crânes enfoncés à coup de pierre, le bas de survêtement de l'un baissé. Leurs vélos seront retrouvés en bas du talus. Selon le légiste appelé sur les lieux, la mort des garçons remonte à moins de trois heures.

Les suspects Patrick Dils et Henri Leclaire blanchis

Patrick Dils, un adolescent de 16 ans, sera le premier accusé dans cette affaire. En garde à vue, il avait avoué le double meurtre, avant de se rétracter. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1989, il est acquitté en 2002, au terme de trois procès.

La présence de Francis Heaulme non loin des lieux du double meurtre – qui porte sa "quasi signature criminelle", selon des enquêteurs – a énormément joué dans cette décision. Mis en examen une première fois en 2006, avant de bénéficier d'un non-lieu, Francis Heaulme a finalement été renvoyé devant les assises en 2013. Son premier procès s'ouvre en 2014 à Metz.

C'est alors le sort d'Henri Leclaire, un ex-manutentionnaire de la maison d'édition Le Lorrain, à quelques encablures du talus SNCF, qui bascule. Appelé comme témoin, il devient suspect sur la foi de témoignages de dernière minute. Une femme affirme que Henri Leclaire, en 2012, lui a confié en "criant et gesticulant", qu'il avait "attrapé" les enfants, tout en répétant qu'il ne les avait pas tués.

Mais la justice considérera ces éléments insuffisants. Début 2017, il est définitivement blanchi. C'est donc seul que Francis Heaulme sera jugé jusqu'au 18 mai.

Un dispositif exceptionel

Pour trancher dans ce dossier hors norme, cour et jurés entendront des dizaines de témoins – policiers, familles, mais aussi juges – afin de déterminer si Francis Heaulme est coupable.

Ils auront en tête les précédents de cette affaire : un accusé acquitté après quinze années passées en prison et un témoin, devenu accusé, avant d'être, à son tour, blanchi par la justice.

Les conditions matérielles du procès se sont elles aussi adaptées à l'ampleur du dossier : trois salles du tribunal de grande instance de Metz sont réquisitionnées. Une pour le procès proprement dit, une pour la retransmission vidéo des débats, et une dernière pour le travail des journalistes, dont une centaine se sont accrédités. Une salle est également prévue pour que les familles, éprouvées depuis des années par la longueur de la procédure, puissent se reposer.

"Il ne sera pas dans l'aveu"

"Découragées, un peu désabusées", selon les mots de Me Thierry Moser, avocat d'une partie de la famille Beckrich, elles "ont l'espoir d'arriver enfin à la vérité, mais avec une dose de scepticisme".

L'avocat de la grand-mère d'Alexandre, Me Dominique Rondu, a lui confié au Républicain Lorrain qu'il n'attendait "rien" de ce procès. Sauf à ce que Francis Heaulme avoue.

Une éventualité peu probable, ce dernier ayant toujours affirmé ne pas avoir tué les garçons. "Il ne sera pas dans l'aveu", avance Jean-François Abgrall, l'ancien gendarme qui a confondu le tueur en série en 1992 après son arrestation.

Avec AFP

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