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Hissène Habré condamné en appel à perpétuité pour crimes contre l'humanité

Hissène Habré, le 20 juillet 2015, lors de son procès en première instance, à Dakar.
Hissène Habré, le 20 juillet 2015, lors de son procès en première instance, à Dakar. Seyllou Diallo, AFP (archives)

Le tribunal spécial africain a confirmé en appel à Dakar la condamnation à perpétuité de l'ex-président tchadien Hissène Habré. Il avait été jugé en première en instance pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, en juillet 2016.

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L'ex-président tchadien Hissène Habré est bel et bien condamné à la prison à vie pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et crimes de torture. Le président de la Chambre d'assises d'appel à Dakar a confirmé, jeudi 27 avril, la peine prononcée en première instance en mai 2016. Après ce premier procès, ses avocats avaient fait appel de sa condamnation, la jugeant trop sévère. "Hissène Habré a perdu son dernier recours contre la prison à perpétuité", souligne Jean-Karim Fall, spécialiste en politique étrangère à France 24. "C'est la première fois qu'une juridiction africaine juge un dirigeant africain, c'est très important", relève-t-il aussi.

L'accusé, qui n'était pas présent lors de l'annonce du verdict jeudi, a en revanche été acquitté de l'accusation de viol, une "infirmation partielle (qui) ne change pas" le verdict, selon le président malien de la cour, Wafi Ougadèye.

Hissène Habré, 74 ans, avait été condamné en mai 2016 pour avoir ordonné l'assassinat de milliers d'opposants, des viols et des tortures par les Chambres africaines extraordinaires (CAE), le tribunal spécial mis en place par l'Union africaine (UA) et le Sénégal, où l'ancien dirigeant tchadien, renversé en 1990 par un coup d'État, vivait en exil. Il purgera sa peine au Sénégal ou dans un autre pays de l'UA.

Dix-sept ans de bataille judiciaire

Le jugement rendu jeudi, qui est définitif, porte un point final à 17 années de bataille judiciaire menée par des groupes de défense des droits de l'Homme et des victimes du régime de Hissène Habré. Celui-ci avait bénéficié dans les années 1980 du soutien des pays occidentaux, notamment de la France, dans sa guerre contre la Libye.

>>> À voir, le Reporters : La progressive mise au ban du Tchadien Hissène Habré

Une dizaine de victimes présentes au tribunal ont explosé de joie à la lecture du verdict. "J'espère que tous les dictateurs en Afrique ont compris le message - personne n'est au-dessus des lois !", a déclaré Souleymane Guengueng, président d'une association de victimes dans un message transmis à l'AFP.

Avec AFP et Reuters

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