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Sur le numérique, les programmes d'Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont plutôt faibles

Composite Mashable FR

Emmanuel Macron et Marine Le Pen présentent tous les deux des programmes numériques assez parcellaires. On fait le point.

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On vous le faisait déjà remarquer avant le premier tour : si on la compare à celle de 2012, cette campagne présidentielle se distingue sans aucun doute par une place plus saillante faite au numérique.

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Aussi bien dans la forme, à la faveur de candidats qui jamais ne se sont autant invités sur les réseaux sociaux, que sur le fond, avec l'arrivée (timide mais quand même) de propositions liées à la protection des données personnelles, les logiciels libres ou encore le statut des lanceurs d'alerte. Mais ça, c'était surtout dans les programmes de Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise) et Benoît Hamon (PS). Alors que le premier scrutin a qualifié Emmanuel Macron (En Marche) et Marine Le Pen (le Front national) pour le second tour, faisons le point sur les propositions des deux derniers candidats en lice.

Protection des données personnelles

Sur la question de la vie privée des internautes, Marine Le Pen propose de "créer une charte à valeur constitutionnelle de protection des données personnelles", sans jamais préciser ce qu'une telle charte pourrait induire pour les citoyens. La candidate frontiste souhaite également mettre en place l'obligation "de stocker les données personnelles des Français sur des serveurs hébergés en France", sans toutefois livrer plus de détails sur les modalités techniques de telles mesures. Seule véritable proposition concrète dans ce dossier : la création de la carte unique biométrique, qu'elle aimerait étendre à la carte vitale afin de lutter contre la fraude, et l'obligation pour les entreprises de sotcker en France les données personnelles des citoyens français.

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Emmanuel Macron, lui, reste tout autant vague. Il souhaite "développer les instruments d’une transparence sur l’usage des données privées par les acteurs du numérique", mais ne dit pas lesquels. On retrouve le même flou lorsqu'il propos de "bâtir des murailles" et "patouiller dans le cyberespace" pour faire de la cybersécurité, "une priorité de la sécurité nationale". L'ancien ministre de l'Économie et des finances va même jusqu'à proposer"une banque de données numériques réutilisables : "Dans le respect de la vie privée et du secret des affaires, les administrations qui délivrent des licences (par exemple pour les hôtels) devront mettre à disposition leurs données. Face aux géants étrangers, des nouvelles start-up pourront ainsi s’adresser par exemple à tous les hôteliers pour leur offrir une alternative aux services existants". Et l'ancien banquier d'affaires français de suggérer également "un service public numérique de la justice", avec portail unique d’accès : "Les citoyens et leurs avocats y trouveront toutes les informations pratiques et la jurisprudence applicable à leur cas. Ils pourront se pourvoir en justice depuis leur ordinateur, transmettre une requête, des pièces, ou suivre leur dossier depuis leur smartphone". Il aimerait également renégocier le "Privacy Shield" d'ici 2018 et créer une "agence européenne pour la confiance numérique" qui serait "chargée de réguler les grandes plateformes numériques".

–  Statut des lanceurs d'alerte

Marine Le Pen veut "garantir la liberté d’expression et les libertés numériques par leur inscription dans les libertés fondamentales protégées par la Constitution", mais aussi "renforcer la lutte contre le cyberdjihadisme et la pédocriminalité" et "simplifier les procédures visant à faire reconnaître la diffamation ou l’injure". Elle propose également d’accorder l’asile à Edward Snowden.

Sur ce point, Emmanuel Macron est resté silencieux. Tout juste sait-on qu'il accuse le fondateur de WikiLeaks d'avoir tenté d'influencer la campagne présidentielle française pour le compte de la Russie. 

Droits d'auteur et économie numérique

Emmanuel Macron, dont les propositions de fiscalité numériques semblent s'adresser directement aux investisseurs, propose un "droit à l’expérimentation dans le respect des impératifs de sécurité, de protection du consommateur et de loyauté de la concurrence", la mise en place d’une "stratégie nationale pour l’intelligence artificielle" ainsi qu'un cadre fiscal pensé pour encourager l'investissement grâce à un "prélèvement forfaitaire unique sur l’ensemble des revenus tirés du capital mobilier", "en remplaçant l’ISF par un impôt sur la fortune immobilière". Selon lui, les "grandes plateformes numériques" ont profité de l’évolution du partage sur Internet. Pour rééquilibrer la situation, il souhaite harmoniser le cadre fiscal des entreprises du numérique en faveur des ayants droit. "Renforcer l'action contre les sites pirates" fait également partie de ses propositions, sans que l'on ne puisse en savoir plus sur les moyens d'y parvenir.

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De son côté, Marine Le Pen est restée très évasive. Son programme indique simplement qu'elle aimerait "supprimer la loi Hadopi " et "ouvrir le chantier de la licence globale". La candidate FN se dit en faveur d'un "secrétariat d’État dédié aux mutations économiques rattaché au ministère des finances". Elle veut également "créer une taxe sur l’activité réalisée en France par les grands groupes".

La question des zones blanches

Marine Le Pen promet de soutenir "l’effort d’investissement en infrastructures", notamment le "très haut débit" et "la couverture téléphonique" ; un gros défi pour les zones rurales.

Même son de cloche chez Emmanuel Macron, pour qui la fibre optique devrait être étendue au territoire français entier. Le candidat d'En Marche veut obliger les opérateurs téléphoniques à doubler leur couverture mobile en zone rurale et les exposer à des sanctions financières le cas échéant. "Porter une stratégie d’inclusion" en "développant, avec les associations et les collectivités, un réseau d’accompagnement sur le territoire qui proposera du temps de soutien et des formations aux outils et aux services numériques" fait également partie des promesses d'Emmanuel Macron. 

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