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USA: la Fed devrait faire une pause sur les taux d'intérêt

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Washington (AFP)

La Réserve fédérale américaine (Fed) conclut mercredi une réunion monétaire de deux jours à l'issue de laquelle elle devrait observer une pause dans la hausse des taux d'intérêt en attendant des signes d'accélération de l'économie, estiment les marchés financiers.

Un communiqué sera publié à 18H00 GMT pour cette réunion monétaire ordinaire, qui ne doit pas être suivie d'une conférence de la présidente de la banque centrale Janet Yellen.

La Fed, qui a déjà relevé les taux en mars pour les situer entre 0,75% et 1%, devrait attendre d'en savoir plus sur l'évolution de l'économie avant de poursuivre sa trajectoire de resserrement monétaire. Les membres du FOMC avaient indiqué en mars qu'ils prévoyaient deux autres modestes relèvements des taux d'intérêt au jour le jour d'ici la fin de l'année.

Les acteurs financiers guetteront dans le communiqué un signal que le Comité s'apprête à relever les taux cet été, si l'économie le permet.

"Je m'attends à ce qu'ils restent en position pour une hausse en juin. Si les données devaient décevoir, ils changeront de cap mais c'est peu probable, selon moi", a indiqué à l'AFP Tim Duy, professeur d'économie à l'université d'Oregon.

La croissance au premier trimestre a été très décevante, marquant le pas à 0,7% en rythme annualisé.

Mais les analystes ont relativisé cette faiblesse de janvier à mars, remarquant que, de façon répétée ces dernières années, le premier trimestre hivernal a été mauvais pour l'économie avant d'être suivi par un rebond. Les consommateurs, qui tirent l'économie américaine, se sont montrés frileux au début de l'année.

L'administration Trump assure qu'avec une réforme des impôts favorisant les entreprises, une dérégulation et des renégociations commerciales, elle peut faire avancer l'économie à plus de 3%. Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a reconnu lundi que cet objectif pourrait "prendre deux ans".

La plupart des membres de la Fed attendent d'en savoir plus sur l'adoption des mesures de relance du gouvernement avant de les intégrer dans leurs prévisions.

- Coup de mou pour l'inflation -

Autre argument en faveur d'une pause, l'inflation a eu un coup de mou en mars alors que la banque centrale veut la voir autour de 2%, un objectif qu'elle estime sain pour l'économie.

Selon l'indice PCE, baromètre favori de la Fed, la hausse des prix s'est repliée sur un an en mars, redescendant à 1,8% au lieu des 2,1% atteints le mois d'avant.

Mais ce ralentissement semble refléter des facteurs exceptionnels (chute des prix des abonnements téléphoniques notamment).

Ces données décevantes, si elles se confirment, pourraient convaincre la Fed de repousser le prochain resserrement du crédit à septembre, selon certains analystes comme Jason Schenker de Prestige Economics: "nous croyons que la Fed va laisser les taux inchangés jusqu'en septembre", a-t-il affirmé dans une note.

Mais pour d'autres, la Fed est surtout focalisée sur le marché du travail qui a quasiment atteint le plein emploi avec un taux de chômage de 4,5%.

Les chiffres de l'emploi pour avril ne seront disponibles que vendredi, deux jours après la réunion de l'institution monétaire. Les analystes s'attendent à un rebond des créations d'emplois à 180.000 même si le taux de chômage devrait remonter un peu, selon eux, à 4,6%.

"Les membres de la Fed peuvent ignorer la faible croissance", assure l'économiste indépendant Joel Naroff. Il mise sur une hausse des taux à la réunion de juillet "quand la Fed aura une première lecture de la croissance au 2e trimestre".

La banque centrale a en effet les yeux rivés sur les augmentations de salaires, qui pourraient nourrir une plus rapide hausse des prix, ce qu'elle veut éviter en relevant progressivement les taux. L'indice du coût de l'emploi a augmenté de 0,8% au 1er trimestre, "une accélération indéniable (...) qui va garder la pression sur la Fed pour continuer à resserrer la politique monétaire", assure Jim O'Sullivan, chef économiste pour HFE.

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