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"Insultes rabelaisiennes" : la presse internationale effarée par le débat Le Pen - Macron

Le débat du deuxième tour de la présidentielle a tenu le haut du pavé médiatique aussi à l'international
Le débat du deuxième tour de la présidentielle a tenu le haut du pavé médiatique aussi à l'international Francisco Leong, AFP

La totalité des médias internationaux ont souligné la violence du ton du débat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, déplorant l’absence de véritable débat d’idées entre les deux candidats à la présidentielle.

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Le débat a été, au choix : “vicieux”, pour le New York Times américain, “indigne” pour la chaîne britannique BBC ou encore “à la limite du combat de boue” pour l’hebdomadaire allemand Spiegel.

La presse internationale n’en revient pas du ton qui a dominé l’affrontement télévisuel entre les deux finalistes à l’élection présidentielle française, la candidate Front national Marine Le Pen et celui du mouvement En Marche ! Emmanuel Macron. Les échanges tenaient plus “d’un show télévisuel criard à l’américaine que des discussions sérieuses auxquels les Français sont habitués”, a résumé le New York Times. Le parallèle avec les États-Unis a aussi été dressé par le quotidien italien La Repubblica, qui a comparé Emmanuel Macron à “le Clinton”, pour son ton sérieux, et son adversaire à “la Trump”, pour sa véhémence. Mais pour les Allemands de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, “l’agressivité [de ce débat] n’a pas d’équivalent”, même de l’autre côté de l’Atlantique.

“Insultes rabelaisiennes”

L’effarement est à la hauteur de l’intérêt porté dans le monde pour ce face-à-face. La plupart des médias en ont fait leur titre principal, jeudi 4 mai, et le site américain ultra-conservateur pro-Trump Breitbart a même consacré un liveblog à ce moment clé du deuxième tour… alors qu’il évoque rarement autre chose que les faits et gestes du président américain.

La page d'accueil du site du quotidien The Guardian titre sur les insultes échangées durant le débat entre Macron et Le Pen.
La page d'accueil du site du quotidien The Guardian titre sur les insultes échangées durant le débat entre Macron et Le Pen. Capture d'écran, The Guardian

L’absence d’un véritable débat d’idées - la BBC a qualifié la discussion “d’indigne d’une élection présidentielle” - a pris les commentateurs politiques de court. Le site américain Politico a eu l’impression d’assister à un concours “d’insultes rabelaisiennes”.

C’est surtout l’insistance de Marine Le Pen à être dans l’attaque permanente qui a frappé. “Le Pen a fait tout pour parler aussi peu de son programme que possible afin de s’en prendre constamment à Macron. Elle donnait l’impression de s’entraîner pour son futur rôle de principale voix de l’opposition”, souligne le quotidien conservateur allemand Frankfurter Allgemeine.

Débat “inutile”

À défaut de fond, ils ont dû se contenter de la forme. Le sourire permanent de Marine Le Pen a été pour beaucoup l’un des symboles de la confrontation. L’expression de la candidate frontiste “semblait avoir été préparé à l’avance comme une arme psychologique pour énerver son adversaire, en suggérant qu’elle trouvait ses réponses à la fois ridicules et amusantes”, analyse la chaîne britannique. Pour la Süddeutsche Zeitung, il a surtout donné une impression de “suffisance” à une candidate qui tentait pourtant de dépeindre Emmanuel Macron en technocrate arrogant.

Le fait que le favori des sondages a réussi à garder son calme pendant plus de deux heures prouverait, pour The Guardian, qu’il est sorti vainqueur de l’exercice. “Il a réussi à apparaître plus présidentiable”, ajoute la BBC.

Le débat a aussi déçu sur un autre point : l’absence de petites phrases qui font le sel de ce genre d’événement politique. Certes, les références à répétition de Marine Le Pen à la supposée soumission de son adversaire à la chancelière Angela Merkel ont amusé les commentateurs allemands. L’hebdomadaire Spiegel note ainsi que “dès qu’il est question d’Europe, Marine Le Pen ressort Angela Merkel” comme s’il s’agissait d’un épouvantail.

Tous s’accordent à dire qu’en plus de ne pas avoir été digne de la tradition politique française, le face à face du deuxième tour “a été inutile”. Les premiers sondages après le débat ont montré que les intentions de vote n’avaient presque pas bougé.

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