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Décollage réussi pour le rival chinois d'Airbus et de Boeing

Le premier moyen-courrier conçu par la Chine, le C919, a volé 80 minutes.
Le premier moyen-courrier conçu par la Chine, le C919, a volé 80 minutes. Greg Baker, AFP

Le C919, plus gros avion de ligne jamais construit par la Chine, a effectué avec succès son vol inaugural d'une durée de 80 minutes, vendredi. L'appareil ambitionne de concurrencer le Boeing 737 et l'Airbus A320.

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Ces 80 minutes ont dû paraître très longues aux responsables de Boeing et Airbus. Ils ont dû suivre, vendredi 5 mai, le décollage et le premier vol réussi du Comac C919, l'avion made in China qui vient concurrencer les deux mastodontes occidentaux, habitués à jouer seuls dans la cour des grands avionneurs.

L'appareil, composé d'un équipage de cinq personnes, a volé pendant plus d'une heure atteignant la vitesse de 300 km/h à une altitude de 3 000 mètres, selon la télévision chinoise.

Ne plus être "à la merci des autres"

Capable de transporter 168 passagers, le C919 est un "concurrent direct de l'Airbus A320 et Boeing B737, les deux avions les plus vendus de l’histoire de l’aéronautique civile (avec plus de 13 000 commandes chacun)", note Jean-François Dufour, responsable du China Control Panel du cabinet de conseil Montsalvy Consulting.

L'objectif premier de Pékin avec cet avion est l'indépendance industrielle. La Chine ne veut plus se trouver "à la merci des autres", avait déploré le président Xi Jinping en 2014. À plus long terme, Comac veut faire mieux que le canadien Bombardier ou le brésilien Embraer qui n'ont pas réussi à se faire une place sur le créneau des vols commerciaux.

Le gouvernement a mis toute sa puissance financière au service de Comac. Les autorités se sont assurées que le carnet de commandes de la compagnie soit bien garni. Le C919 bénéficie déjà de 570 commandes. Sur ce total, environ 400 ont été passé par des compagnies de leasing (qui achètent les avions pour les louer à d'autres compagnies), apparues peu après le lancement du programme en 2010. "Derrière ces loueurs, qui devront ensuite trouver des opérateurs à ces appareils, on trouve toutes les grandes banques du pays et l’un de ses principaux assureurs", souligne Jean-François Dufour.

Premières livraisons en 2018

Mais un premier vol réussi et des commandes à foison ne suffisent pas. L'avion doit aussi se montrer technologiquement et commercialement à la hauteur de ses concurrents. Comac a bénéficié du savoir-faire de l'américain General Electric et du français Safran pour la construction du moteur. C'est un premier pas. Mais le "défi est d’autant plus grand pour le C919, que Boeing et Airbus ont modernisé le B737 (avec sa version MAX) et l’A320 (avec la famille neo)", rappelle l'expert de Montsalvy Consulting.

Réussir à se hisser au niveau des géants américain et européen du secteur "va prendre du temps", reconnait Bao Pengli, co-directeur du Shanghai Aircraft Manufacturing Co., une filiale de Comac impliquée dans la production du C919.

La Chine a encore un an pour perfectionner son nouvel appareil. Les premières livraisons sont prévues pour 2018. Ensuite, Comac pourra s'attacher à conquérir les airs du monde entier... à condition d'obtenir la précieuse certification des autorités américaines. Elle est nécessaire pour survoler les États-Unis, ce qui est vital pour toute compagnie souhaitant assurer des vols internationaux.

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