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Une ONG placarde les portraits de députés qui ont trahi les droits numériques des Américains

Fight For the Future

Une ONG américaine a placardé les portraits de députés ayant voté une loi liberticide pour la confidentialité des données personnelles sur Internet.

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"Vous nous avez trahis." Ces derniers jours, certains automobilistes américains pouvaient croiser sur leur route ces quelques mots affichés sur de gigantesques panneaux publicitaires et accompagnés des visages de quatre députés républicains américains.

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Marsha Blackburn, Dean Heller, John Rutherford et Jeff Flake ont tous vu leurs portraits imprimés en énorme par l’ONG Fight For the Future – qui lutte pour la neutralité d’Internet – grâce à une campagne de crowfunding. Leur tort ? Avoir voté pour la levée de l’interdiction de la vente des données personnelles sur Internet.

Des députés corrompus ?

En mars dernier, ces quatre députés américains ont voté une loi controversée qui permet aux fournisseurs télécoms et à des entreprises privées de vendre les données personnelles de leurs consommateurs à des publicitaires. Sur les affiches gigantesques installées par Fight for the Future, des sommes d’argent sont apposées à côté des portraits des députés. C’est le montant que les élus concernés auraient reçu d’entreprises privées liées à l’industrie des télécoms américaine au cours de leur carrière.  

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“Tous les gens qui passeront devant l’un de ces panneaux sauront exactement combien d’argent ces députés ont pris en échange du droit fondamental d’utiliser le Web de façon sécurisée et de la vente de nos données personnelles à des publicitaires", explique Tiffinity Chegn, cofondatrice de Fight for the Future.

En mars, la loi votée par le Congrès avait suscité une vague d’indignation dans le pays. Elle permet désormais à n’importe quelle entreprise privée de revendre les informations de ses consommateurs sur Internet à des publicitaires. Des données de localisation aux historiques de recherche en passant par les habitudes de navigation.

Et en France ? 

En France, la CNIL précise que des "données concernant des personnes peuvent être collectées à la condition essentielle qu’elles aient été informées de cette opération" et les internautes ont par ailleurs "le droit de s’opposer à leur utilisation". Il semble a priori qu'il y a suffisamment de gardes-fou au niveau national et européen pour éviter qu’on sache quelle taille de chaussettes vous avez commandé sur Internet le mois dernier.

Et concernant l'affichage de portraits de députés avec des messages accusateurs, la France est encore loin des campagnes à l'américaine. "En théorie il est possible de faire comme aux USA, mais il faut veiller à ce que ce ne soit pas dégradant, outrageant ou à ne pas prêter de faux propos à la personnalité politique publique. Cependant, les associations qui font ce genre d’affiches seront limitées par le droit relatif à l’affichage public en France car les zones dédiées à ce genre d’affichages sont très précisément délimitées", explique Vanessa Bouchara, spécialiste en Droit de la Propriété Intellectuelle, à MashableFR.

Mais si vous voulez aider vos collègues américains à récupérer leur droit de confidentialité sur le Web, l'ONG a aussi renseigné le numéro de téléphone du cabinet de chacun des députés attaqués. 

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