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Chuck Wepner, le vrai "Rocky" qui a combattu Mohamed Ali et... un ours

Chuck Wepner affronte Mohamed Ali, champion du monde poids lourd, le 24 mars 1975 au Coliseum de Richfield, dans l'Ohio.
Chuck Wepner affronte Mohamed Ali, champion du monde poids lourd, le 24 mars 1975 au Coliseum de Richfield, dans l'Ohio. Bettmann

Rien qu’en France, la saga "Rocky" a fait plus de 13 millions d’entrées au cinéma. Mais combien de spectateurs connaissent Chuck Wepner, le boxeur qui a inspiré Stallone ? Le réalisateur Philippe Falardeau raconte son histoire dans le film "Outsider".

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24 mars 1975. Un certain Chuck Wepner, boxeur non-professionnel originaire de la ville de Bayonne dans le New Jersey, monte sur le ring du Coliseum de Richfield dans l’Ohio pour le combat de sa vie face au champion du monde poids lourds, Mohamed Ali. Et si les 15 000 spectateurs pensaient voir Chuck Wepner s’effondrer rapidement, c’est l’inverse qui se produit.

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Non seulement le boxeur de 36 ans encaisse les coups sans broncher, mais surtout, il réussit l’exploit d’envoyer Mohamed Ali au tapis d’un coup droit placé sous le cœur. Faisant de lui l’un des quatre hommes au monde à avoir mis Ali en knockdown. Piqué à vif, Cassius Clay finit par mettre K.O. Chuck Wepner au 15e round, à seulement 19 secondes de la fin du combat.

À 1 000 km de là, dans une salle de cinéma de Philadelphie qui rediffuse le combat, un jeune acteur nommé Sylvester Stallone assiste au spectacle. La légende veut que, inspiré par Chuck Wepner, Sly mit sur papier les 90 pages du scénario de "Rocky" la même nuit. Quelques jours plus tard, le boxeur de Bayonne a en tout cas raconté toute son histoire à Sylvester Stallone. "J’ai parlé, parlé… De ma passion pour Rocky Marciano, le Boucher de Brockton, qui a donné son prénom au film et dont on retrouve le poster dans la chambre miteuse de Rocky Balboa. De ma femme et de nos confidences. De mon coach et de nos connivences. Lorsque j’ai vu le film, je me suis vraiment retrouvé en terrain de connaissance", racontait Chuck Wepner au journaliste de L’Équipe Magazine Benoît Heimermann.

"Je vais vous dire la vérité, je n’ai jamais touché un seul centime"

"Rocky" sort en salles le 21 novembre 1976 aux États-Unis, et le succès est au rendez-vous. Le film, tourné en 28 jours seulement, remporte trois Oscars l’année suivante. 40 ans plus tard, la saga "Rocky" en sept épisodes aura rapporté plus d’un milliard de dollars au box office mondial. Mais rien pour Chuck Wepner. Et ce malgré des poursuites judiciaires. "C’est 28 ans de frustrations, de poignées de mains et de promesses brisées", soufflait le boxeur au New York Times en 2003.

"Je recevais des appels de félicitations pour les Oscars. Les gens m’appelaient Rocky, me reconnaissaient lorsque j’allais dans des clubs à Jersey Shore et ils rejouaient des scènes de Rocky. Et j’ai aimé ça (…) Tout le monde pensait que j’avais gagné plein d’argent avec ce film. Mais je vais vous dire la vérité, je n’ai jamais eu un seul centime", confiait Chuck Wepner dans le documentaire "The Real Rocky Balboa" diffusé sur la chaîne ESPN en 2011.

Le réalisateur de ce documentaire Jeff Feuerzeig produit aujourd’hui le biopic "Outsider", au cinéma le 10 mai 2017, pour lui "rendre son âme" et raconter la vraie histoire de ce boxeur amateur qui a failli être champion du monde poids lourd – incarné par un Liev Schreiber plus que convaincant.

Après son combat contre Mohamed Ali, grisé par la célébrité soudaine que lui avait apporté "Rocky", le géant de 2 mètres de haut et plus de 100 kilos a enchaîné les soirées, sombré dans l’alcool et dealé de la poudre. Arrêté en possession de 120 grammes de cocaïne en 1985, il a été condamné à dix ans de prison. Mais il sera finalement libéré au bout de quelques années pour bonne conduite.

Au cours de ses quinze ans de carrière de boxeur, celui qu’on surnommait "The Bayonne Bleeder" ("le Sanguinolent de Bayonne" en français) additionna 11 nez cassés et 338 points de suture. Un palmarès de gueule cassée aussi marqué par deux combats à mains nues contre… un ours : Victor The Wrestling Bear, un beau bébé poilu de 2,5 mètres de haut et 300 kilos.

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