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"Visas pour millionaires" : Jared Kushner au centre d'un nouveau scandale pour l'administration Trump

Avant d'être conseiller et gendre de Donald Trump, Jared Kushner est aussi un magnat de l'immobilier
Avant d'être conseiller et gendre de Donald Trump, Jared Kushner est aussi un magnat de l'immobilier Nicholas Kamm, AFP

De riches chinois ont été incité à investir des centaines de milliers de dollars aux États-Unis par la famille de Jared Kushner, l’influent gendre de Donald Trump, en contrepartie d’un controversé programme de visas pour millionnaires.

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“Emmanuel Macron devrait demander le retour en France de la Statue de la Liberté, qui pourrait être remplacée par une autre à l’effigie de Jared Kushner, la main ouverte pour récolter de l’argent.” D’après Richard Painter, ex-conseiller pour les questions d’éthique à la Maison Blanche, le gendre de Donald Trump est impliqué, depuis samedi 7 mai, dans une affaire qui ressemble “de très, très près à de la corruption pure et simple”.

L’époux de la First daughter, Ivanka Trump, se retrouve sous pression par la faute de sa sœur. Nicole Meyer a utilisé le nom de l’influent conseiller et gendre de Donald Trump pour inciter de riches Chinois à investir de l’argent dans un projet immobilier aux États-Unis, qui comptait “beaucoup pour toute ma famille”, a-t-elle affirmé, lors d’une conférence à Shanghai.

Kushner 1

Cette référence à Jared Kushner pouvait donner l’impression que Nicole Meyer tentait de vendre sa proximité avec l’omniprésent conseiller à des Chinois désireux de s’installer aux États-Unis, soulignent le Washington Post et le New York Times, les deux premiers médias à avoir révélé cette nouvelle affaire.

Elle cherchait à récolter des fonds en Chine pour la construction à partir de 2018 de “Kushner 1”, un complexe dans le New Jersey de deux tours comprenant plus de 1 000 appartements de luxe. Ce projet entre dans le cadre d’un programme très controversé d’obtention de visas américains - appelé EB-5 - pour de riches investisseurs.

Le frère d’Hillary Clinton aussi

Toute référence à l’EB-5 est politiquement très sensible aux États-Unis. Ce programme ouvre la possibilité à des étrangers qui investissent plus de 500 000 dollars dans des projets créateurs d’emploi dans des zones économiquement en difficulté aux États-Unis d’obtenir un visa de résidence de deux ans. Au bout de ce laps de temps, ils deviennent éligibles à une “green card” (carte de résident permanent), bien plus vite que le commun des émigrés pour qui l'attente dépasse généralement les cinq ans. Cette facilité, née dans les années 1990 pour inciter à investir dans l’économie américaine, a rapidement été perçue comme un passe-droit pour riches Chinois. Ils représentent en effet les trois quarts des 10 000 étrangers qui obtiennent ainsi un visa chaque année, rappelle le site Vox.

La sœur de Jared Kushner, Nicole Meyer (3e depuis la gauche) lors d'une présentation du projet immobilier Kushner 1 à Shanghaï. AFP

L’EB-5 a aussi souvent été associé à des scandales aux États-Unis. Plusieurs politiciens et figures publiques, dont le frère d’Hillary Clinton, ont ainsi été accusés d’avoir obtenu de larges sommes d’investisseurs étrangers sans que l’on sache réellement comment les fonds étaient ensuite utilisés. Le flou de la loi au sujet de ce programme facilite d’ailleurs les abus, rappelle le site de la chaîne NBC. À l’origine, les investisseurs devaient s’assurer que les fonds contribuaient à la création d’au moins deux emplois 100 % américains. Le Congrès a décidé, quelques années plus tard, d’assouplir la règle : les étrangers pouvaient passer par des sociétés intermédiaires leur laissant le soin d’être en conformité avec les dispositions sur la création d’emplois américains.

La Kushner Companies - qui appartient à Jared Kushner - a fait office à plusieurs reprises d’intermédiaire pour des investisseurs étrangers. Elle a notamment financé la construction de l’immeuble de luxe Trump Bay Street dans le New Jersey grâce à des fonds d'investisseurs chinois qui ont bénéficié de ce programme de “visa pour millionnaires”.

Trump inquiété ?

Conscient du danger politique de la bourde de Nicole Meyer, Jared Kushner a tenu à rappeler qu’il n’était plus responsable, depuis janvier 2017, de la gestion au quotidien de son empire immobilier. Sa sœur s’est, quant à elle, excusée si la référence à son frère avait été mal interprétée.

Des explications qui n’ont pas suffi. Pour beaucoup, cette affaire est une nouvelle goutte d’eau dans le vase de plus en plus débordant des conflits d’intérêt potentiels de l’administration Trump. Le Washington Post affirme qu'il serait préférable que Jared Kushner devrait rester aussi étranger que possible de la politique chinoise de son beau-père. Ce serait un coup dur pour Donald Trump car, comme le rappelle le New York Times, le gendre en chef est devenu l’un des interlocuteurs favoris de Pékin au sein de l’administration américaine. Le président pourrait lui-même se retrouver entraîné dans cette affaire : le New York Times a ainsi révélé, mardi 9 mai, que la première loi signée par Donald Trump contenait une disposition qui renouvelle le programme de visas EB-5.

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