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Dans la presse

"Emmanuel Macron, le changement, c'est maintenant?"

France 24

Au menu de cette revue de presse française, lundi 9 mai, la victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle.

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La victoire d’Emmanuel Macron, élu à 66% face à Marine Le Pen, fait bien sûr la Une de toute la presse française.
 
«Bien joué», salue Libération, dont la rédaction avait appelé à voter pour le candidat d’En Marche! et à faire barrage au Front national. Mission accomplie - d’où cette double une, côté pile, Emmanuel Macron, donc, et côté face, Marine Le Pen: «Bien fait», assène le journal. Egalement très enthousiastes, les Echos saluent la victoire de «la France qui ose», de la France «qui sourit». «En donnant une large victoire à Emmanuel Macron, la France grondeuse dit non au populisme», «l’espoir renaît à Bruxelles et dans de nombreuses capitales européennes». «39 ans et président!». Comme s’il avait peine à y croire, le Parisien évoque «le sourire presque juvénile» du plus jeune président de l’histoire de la Vème République, «un coup de jeune» inattendu, «un dénouement difficilement imaginable il y a encore quelques mois». L’ex-banquier, l’ancien conseiller jamais élu, devenu ministre de l’Economie en l’espace de qq années, a remporté la présidentielle «au terme d’une folle campagne», répète l’Opinion, qui annonce une «révolution Macron». Macron, l’homme pressé, a foncé sur l’Elysée «pied au plancher». Libération raconte l’itinéraire d’un enfant gâté qui aurait façonné «son ascension éclair en usant de sa capacité à séduire, quel que soit son interlocuteur».
 
Emmanuel Macron que n’ont toutefois pas soutenu les 25 millions de Français qui ont voté Front national, blanc, ou se sont abstenus, ce qui signifie que sa victoire est «large» mais aussi «fragile», d’après la Croix, qui se réjouit de ce que les Français aient «écarté les tentations xénophobes et isolationnistes», mais prévient qu’Emmanuel Macron «ne devra jamais oublier qu’il a été à la fois très bien et très mal élu» - «très bien, parce qu’il a bénéficié d’un des scores les plus élevés de la Vème République», et «très mal, parce que de nombreux citoyens ont voté en sa faveur non par adhésion, mais uniquement pour écarter la menace du Front national». «Le premier tour de l’élection présidentielle a été le révélateur d’une profonde colère dans notre pays». «Apporter des réponses à la souffrance sociale est une urgence impérieuse». «C’est le défi principal du nouveau président, écrit Libération: combler peu à peu le fossé qui sépare France heureuse et France en colère, France d’en haut et France décrochée. Une République qu’une bonne partie du peuple abandonne n’est plus une République». «Déconne pas, Manu», lui demande 20 minutes, en citant la belle chanson de Renaud. «En marche!, né en avril 2016, n’est pas sûr d’avoir une majorité parlementaire lors des législatives du 18 juin. Alors que le PS vient d’être «balayé», la droite cherche à «imposer à une cohabitation» et le FN à «surfer sur la dynamique électorale» de la présidentielle.
 
 

Une nouvelle bataille commence dès maintenant. Pour l’Humanité, la victoire d’En Marche! signifie «moins de protection pour les salariés, et plus de liberté pour les patrons de la finance», et «les législatives seront la première étape pour contester les politiques libérales annoncées». «Cap sur les législatives», également, pour le Figaro, qui met lui aussi en garde le nouveau président: «pour plus d’un Français sur deux, l’ennemi, c’est le changement, ce sont tous ces bouleversements qu’imposent au vieux monde les temps nouveaux». «Les électeurs de Mélenchon y ont opposé leurs revendications sociales, ceux de Marine Le Pen leur protestation identitaire, ceux de François Fillon leur inquiétude culturelle, mais tous, au fond, ont dit la même chose: ils veulent être protégés de ce grand ébranlement porté par la mondialisation, que Macron prétend chevaucher avec audace, mais qu’ils ressentent, eux, comme une violence injuste, inquiétante et souvent insupportable».
 

 

La tâche s’annonce difficile pour Emmanuel Macron, qui va se retrouver confronté à la fois aux partis traditionnels, à la France Insoumise et au FN. Le Figaro annonce des législatives «à suspense», et «un jeu d’autant plus ouvert que les forces politiques ont des poids à peu près équivalents». Près d’un Français sur deux dit d’ailleurs souhaiter que les élections de juin donnent une autre majorité à l’Assemblée que celle qui vient d’élire Emmanuel Macron. Macron, que «l’échec des partis traditionnels, et la peur de l’extrême-gauche et de l’extrême-droite» auraient permis «de se vendre comme l’homme du renouveau», d’après Les Jours, qui ironisent sur ce candidat «élu produit de l’année». Il a l’odeur du renouveau, le goût du renouveau, l’air du renouveau. Mais est-il réellement, le renouveau? A la une de l’Ardennais, un slogan fait sa réapparition: «le changement, c’est maintenant» - ces mots, on s’en souvient, avaient fait la bonne fortune du prédécesseur et ancien patron d’Emmanuel Macron, François Hollande. On verra dans les mois qui viennent, si cette fois-ci, c’est du sérieux…
 
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