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Syrie: le Russe Lavrov vient chercher le soutien de l'Américain Tillerson

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Washington (AFP)

Pour son premier voyage à Washington depuis quatre ans, le patron de la diplomatie russe Sergueï Lavrov vient chercher mercredi le soutien de son homologue américain Rex Tillerson à un projet de Moscou censé faire baisser les violences en Syrie.

Clin d'oeil de l'Histoire pour ces deux puissances aux relations exécrables, MM. Tillerson et Lavrov doivent se revoir aussi jeudi à une réunion ministérielle du Conseil de l'Arctique, en Alaska (nord-ouest), un Etat américain acheté par Washington à Moscou il y a exactement 150 ans.

La rencontre de Washington sera la troisième entrevue entre les deux ministres depuis l'arrivée au pouvoir du président américain Donald Trump le 20 janvier. Mais le chef de la diplomatie russe n'avait pas mis les pieds dans la capitale fédérale américaine depuis août 2013. Il s'agissait, déjà à l'époque avec le secrétaire d'Etat d'alors John Kerry, de trouver un moyen d'arrêter la guerre en Syrie.

Le conflit a fait depuis mars 2011 plus de 320.000 morts, déplacé plus de la moitié de la population et provoqué la fuite de millions de réfugiés sans que ni Washington, soutien de l'opposition, ni Moscou, allié du régime syrien, n'aient réussi à s'entendre pour faire cesser les massacres.

A la fin de la présidence de Barack Obama (2009-2017), les Etats-Unis se sont même progressivement mis en retrait du processus diplomatique et ont laissé la Russie prendre la main.

- 'Zones de désescalade' -

Jeudi dernier à Astana, la Russie, la Turquie et l'Iran ont paraphé un projet russe visant à faire baisser le niveau des violences en Syrie.

Entrée en vigueur samedi, cette proposition prévoit quatre "zones de désescalade", doublées de "zones de sécurité" avec des postes de contrôle et centres de surveillance tenus par les forces de pays garants et éventuellement par "d'autres parties".

Les Etats-Unis, qui n'étaient qu'observateurs à Astana, ont accueilli ce projet avec la plus grande prudence, leur secrétaire à la Défense James Mattis assurant lundi qu'ils "allaient regarder la proposition et voir si elle fonctionne".

Tous les accords de trêve et de cessez-le-feu en Syrie ont périclité, notamment les derniers négociés par MM. Kerry et Lavrov et consacrés par des résolutions de l'ONU.

Depuis six ans, Moscou et Washington ont eu de multiples désaccords sur le conflit en Syrie, la principale pierre d'achoppement demeurant le sort du président syrien Bachar al-Assad. L'arrivée de Donald Trump n'a finalement pas permis de rapprocher les positions, les Etats-Unis bombardant même début avril une base aérienne du régime syrien en représailles à une attaque chimique qui lui a été imputée.

Les deux anciens adversaires de la Guerre froide, aux liens particulièrement tendus sous l'ère Obama, ont reconnu tous les deux récemment que sous l'administration Trump, les relations n'avaient jamais été aussi mauvaises.

Venu voir lundi à New York (nord-est des Etats-Unis) le numéro deux de la diplomatie américaine Thomas Shannon, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a affirmé que Moscou s'attendait "avant tout à parvenir à une compréhension commune de la nécessité d'un régime de désescalade en Syrie".

- 'Résultat le plus important' -

"Si nous parvenons à trouver (...) une position commune avec les Etats-Unis sur cette question, ce sera le résultat le plus important des prochaines discussions", a-t-il souligné, cité par l'agence russe Interfax.

De son côté, le département d'Etat américain s'est borné à dire que MM. Tillerson et Lavrov parleraient des "efforts pour une désescalade de la violence, l'acheminement d'une assistance humanitaire au peuple syrien et la préparation du terrain pour un règlement politique du conflit".

Les ministres américain et russe devraient également évoquer l'Ukraine, un conflit qui empoisonne aussi les relations depuis 2014, et notamment "la nécessité d'arrêter la violence (...) en mettant entièrement en oeuvre les accords de Minsk".

Après leur rencontre mercredi, les deux hommes se reverront jeudi à Fairbanks, en Alaska, autour de la table du Conseil de l'Arctique, un forum intergouvernemental de coopération en matière d'environnement, d'exploitation pétrolière et minière, de trafic maritime, de pêche et de tourisme.

Il réunit les huit pays riverains de l'océan Arctique (Canada, Russie, Norvège, Danemark, États-Unis, Islande, Suède et Finlande). Washington le préside pour la période 2015-2017.

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