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Brésil : entendu par le juge anticorruption, l'ex-président Lula dénonce "une mascarade"

L'ancien président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva lors de son arrivée à la cour fédérale de justice de Curitiba, au Brésil, pour son audience le 10 mai 2017.
L'ancien président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva lors de son arrivée à la cour fédérale de justice de Curitiba, au Brésil, pour son audience le 10 mai 2017. Ricardo Stuckert, Instituto Lula, AFP

"Ce procès est illégitime, c'est une mascarade", s'est insurgé mercredi Luiz Inacio Lula da Silva durant une audience devant le juge anticorruption Sergio Moro, déterminante pour l'avenir politique de l'ex-président brésilien.

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Un ancien président à la barre. Luiz Inacio Lula da Silva, 71 ans, chef de l’État brésilien de 2003 à 2010, a été entendu mercredi 10 mai à Curitiba, dans le sud du pays, lors d’une audience de presque cinq heures devant un juge anticorruption. Arborant une cravate aux couleurs du Brésil, il était à la barre pour se défendre d'accusations selon lesquelles il aurait reçu un appartement en triplex dans la station balnéaire de Guaruja, près de Sao Paulo, en guise de pot-de-vin.

"Je n'ai jamais sollicité et je n'ai jamais reçu le moindre appartement", a assuré l'ancien ouvrier métallurgiste durant l'interrogatoire, selon les images diffusées par la justice brésilienne. "Je suis ici par respect de la loi, de notre Constitution, mais je considère que ce procès est illégitime et je dénonce une mascarade."

"C'est parfait", lui a rétorqué le juge Sergio Moro, "mais c'est une opportunité que vous avez de vous défendre et d'éclaircir ces sujets". Le populaire "justicier" de 44 ans est en charge de l'opération Lava Jato ("Lavage-express"), qui a mis au jour un gigantesque réseau de corruption orchestré par des entreprises du bâtiment pour truquer systématiquement les marchés publics, notamment ceux du géant pétrolier étatique Petrobras.

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Plus d'un million d'euros en pots-de-vin

Selon les procureurs, Lula aurait bénéficié de largesses à hauteur de 3,7 millions de réais (1,06 million d'euros) de la part d'OAS, une société de BTP impliquée dans ce scandale. "Je ne veux pas être jugé sur des interprétations mais sur des preuves. Ils n'ont pas présenté le moindre document qui prouve que l'appartement m'appartient", a lancé Lula quelques minutes après l'audience, lors d'un discours devant plusieurs milliers de militants et aux côtés de Dilma Roussef, qui lui avait succédé à la tête de l'État avant d'être destituée l'an dernier.

Pendant l'interrogatoire, il a reconnu avoir visité l'appartement avec un représentant d'OAS, mais affirmé que ni lui ni son épouse n'ont souhaité l'acheter, notamment à cause de "nombreux défauts" de fabrication. L'acte d'accusation affirme pourtant que Lula a bénéficié de largesses de la part d'OAS "à travers l'achat, la personnalisation et la décoration" d'un triplex à Guaruja.

Haute sécurité

Un important dispositif de sécurité avait été déployé pour cette audience aux enjeux considérables. Au total, Lula est visé par cinq procédures judiciaires et les accusations concernant le triplex ne constituent qu'un seul volet de l'enquête, dont le verdict n'est pas attendu avant plusieurs semaines. S'il est reconnu coupable, Lula encourt une peine de prison et ne pourra pas se présenter à l'élection présidentielle de 2018. Malgré les affaires, il est largement en tête des intentions de vote, bien que suscitant également un niveau élevé de rejet. "Dans toute l'histoire du Brésil, personne n'a jamais été autant massacré. Sans votre soutien, je n'aurais jamais supporté tout ce qu'ils m'ont fait", a scandé Lula devant ses militants, se disant victime d'acharnement judiciaire.

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Le président conservateur Michel Temer ne s'est pas prononcé directement sur le sujet, mais a déploré mercredi le fait que le pays soit dans un état de "conflit permanent entre Brésiliens", alors que le gouvernement tente de passer des réformes impopulaires pour sortir le pays d'une récession historique. "Il faut éliminer cette rage. Nous avons besoin de paix, de tranquillité afin que rien n'empêche le Brésil de continuer à travailler", a déclaré le chef d'État lors d'une cérémonie officielle.

Avec AFP

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