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Centrafrique : près de 2 000 civils exfiltrés vers une église à Bangassou

La mosquée de Bangassou en mars 2014.
La mosquée de Bangassou en mars 2014. AFP photo, Caritas International, Mathieu Alexandre

Pris au piège depuis deux jours dans trois sites de Bangassou, dans le sud-est de la Centrafrique, près de 2 000 civils ont été libérés, lundi, par la Minusca. Ils fuyaient des attaques de miliciens sur fond de guerre de territoires.

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Depuis deux jours, Bangassou, dans le sud-est de la Centrafrique, est le théâtre d'attaques de centaines d'hommes armés non identifiés. Près de 2 000 civils qui avaient trouvé refuge dans trois sites de la ville pour fuir les violences ont pu être évacués, lundi 15 mai. "Environ 500 personnes s'étaient massées dans une mosquée, 1 500 autres dans une église et 500 sur le site d'un hôpital. À la faveur d'une intervention des soldats de la Minusca, la Mission des Nations unies en Centrafrique, elles ont pu être exfiltrées. Elles ont toutes été mise à l'abri sur le site de l'église, où se trouvent désormais, au total, 7 000 déplacés", rapporte Edouard Dropsy, le correspondant de France 24 basé à Bangui.

Des informations partiellement confirmées par le porte-parole de la Minusca. "Je vous confirme que la mosquée est vide. Les 250 hommes qui étaient encore à l'intérieur cet après-midi ont été exfiltrés", a précisé Hervé Verhoosel.

Selon l'ONU et des travailleurs humanitaires, les miliciens ont tué au moins 20 à 30 habitants de Bangassou en trois jours. Ils semblaient viser spécifiquement les membres de la communauté musulmane, selon ces mêmes sources citées par Reuters.

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Les soldats onusiens ont réussi à rétablir le calme dans une partie de la ville dans la soirée de dimanche, mais des combats se poursuivaient lundi dans d'autres secteurs, a indiqué Hervé Verhoosel.

En moins d'une semaine, six soldats de la paix, quatre Cambodgiens et deux Marocains, ont été tués dans cette localité située à environ 470 kilomètres à l'est de la capitale Bangui, près de la frontière avec la République démocratique du Congo.

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Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit "scandalisé" par ces attaques. La France, de son côté, estime qu'elles pouvaient "constituer des crimes de guerre". "Toute la lumière devra être faite sur ces actes odieux, qui peuvent constituer des crimes de guerre et dont les auteurs doivent être traduits en justice", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay.

En 2013, la Centrafrique a basculé dans la violence et le chaos après le renversement de l'ex-président François Bozizé par les rebelles Séléka pro-musulmans, entraînant la contre-offensive de groupes anti-balaka majoritairement chrétiens. Depuis, la situation a évolué mais reste profondément instable. Des groupes armés qui se battent pour le contrôle des territoires et des ressources ont proliféré dans le pays.
 

Avec Reuters

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