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Présidentielle en Iran : Raissi, candidat inexpérimenté mais adversaire "sérieux" face à Rohani

© Atta Kenare, AFP | Le candidat ultraconservateur Ebrahim Raissi, lors d'un meeting à Téhéran le 29 avril 2017.

Texte par Bahar MAKOOI

Dernière modification : 18/05/2017

Avec le retrait du maire de Téhéran, lundi, l'ultraconservateur iranien Ebrahim Raissi gagne des points dans la course à la présidentielle. Il devient un adversaire "sérieux" pour Rohani, voire un candidat à la succession du Guide suprême.

Candidat inconnu du grand public il y a encore quelques mois encore, Ebrahim Raissi, principal rival du président sortant Hassan Rohani dans la course à la présidentielle iranienne, vient de recevoir un soutien de taille. Le maire conservateur de Téhéran, Mohammed Bagher Ghalibaf, a annoncé son retrait, lundi 15 mai, au profit de ce religieux, favori du Guide suprême.

Le candidat Ebrahim Raissi a déjà intégré le ralliement du maire de Téhéran dans ses affiches de campagne.

Mohammed Bagher Ghalibaf, issu du courant conservateur, est parfois perçu comme une personnalité "moderne" par une partie de ses électeurs, notamment lorsqu'il décide de transformer Téhéran en galerie d'art en plein air en 2015, en remplaçant les panneaux publicitaires par des photographies d'œuvres d'art moderne. Avec son retrait, seuls deux candidats conservateurs restent en lice face au modéré Hassan Rohani pour le premier tour du scrutin le 19 mai : l'ultra Ebrahim Raissi et Mostafa Mirsalim, un "petit candidat" peu connu des Iraniens.

S’il pêche par "son manque de charisme" et son "inexpérience politique", Ebrahim Raissi, pur produit du système conservateur, n’en est pas moins "un candidat sérieux, au vue de ses soutiens", relève la socio-politologue Azadeh Kian, professeur à l’université Paris-Diderot. "Il est proche du Guide suprême, traditionnaliste, dévoué et totalement contrôlable, contrairement à Ghalibaf, perçu par certains comme une figure de modernisateur" explique-t-elle.

C’est Ali Khamenei en personne qui a nommé ce religieux à la tête de la fondation Astan Qods Razavi en 2016. Ce puissant organisme de charité gère le mausolée de l'imam Reza, huitième successeur du prophète selon les musulmans chiites. Il possède de nombreuses sociétés de construction et de services, d'immenses usines, des terres agricoles et des terrains à travers le pays.

Hommes et femmes sont séparés dans les meetings de Raissi, rapporte la correspondante de Bloomberg.

Une vision "obscurantiste"

Ebrahim Raissi est en outre soutenu par la plupart des conservateurs iraniens, notamment la frange la plus extrémiste. Son équipe de campagne compte d’anciens ministres de l’ex-président Mahmoud Ahmadinejad. Pour Azadeh Kian, ce candidat incarne une vision "obscurantiste" de la société iranienne.

Pour preuve, les concerts de pop iranienne sont interdits dans la ville de Mashad, où Ebrahim Raissi dirige la fondation Astan Qods Razavi, alors qu’ils sont autorisés et en plein essor dans d’autres grandes villes du pays. À l’origine de cette décision, le beau-père du candidat, l’ayatollah Ahmad Alamolhoda, qui n’est autre que le représentant du Guide dans la province du Khorasan (nord-est).

Successeur possible pour le Guide suprême ?

Derrière la candidature du religieux, se dessine un enjeu plus important encore que la présidentielle iranienne : Ebrahim Raissi fait partie des candidats crédibles à la succession du Guide suprême, au cas où Ali Kahmenei, 77 ans, viendrait à disparaitre.

La perspective d’une crise de succession donne une nouvelle tonalité dramatique à cette élection, qui pourrait servir de tremplin vers la fonction de Guide. Et dans ce jeu politique, les soutiens ultraconservateurs de Ebrahim Raissi ont pris un risque en présentant leur poulain à la présidentielle, estime Reza Alijani, politologue iranien. "S’il gagne, il renforcera son poids politique, et ses adversaires ne pourront plus lui reprocher son manque d’expérience. Mais s’il n’est pas élu président, il ne pourra plus prétendre à devenir Guide car il n’aura pas gagné la légitimité du peuple". Pour rappel, Ali Khamenei était président de la République islamique iranienne au moment où il a été appelé à occuper le poste de Guide suprême en 1989 à la mort de l’ayatollah Khamenei.

Reste que la bataille est loin d’être gagnée pour Ebrahim Raissi. Même si le président sortant, Hassan Rohani, n’est pas assuré de remporter l’élection dès le premier tour à la majorité absolue comme en 2013, ses meetings, comme à Téhéran le 13 mai ou encore Hamedan le 8 mai, rassemblent des dizaines de milliers de partisans.

Sans compter que le passé du candidat ultraconservateur ressurgit dans le débat. Ebrahim Raissi a occupé des responsabilités pendant plus de deux décennies au sein du système judiciaire. Il a notamment figuré parmi les juges qui ont pris part à une série de procès politiques en 1989, au terme desquels plusieurs milliers d’opposants emprisonnés ont été exécutés. Un passé judiciaire que ses adversaires lui reprochent aujourd’hui, près de trente ans plus tard, alors qu’il est poussé sur le devant de la scène politique avec l’ambition de devenir un jour le numéro un du régime.

Première publication : 15/05/2017

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