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S'ouvrir au monde ou s'isoler, l'enjeu de la présidentielle iranienne

Ebrahim Raissi (G) et Hassan Rohani (D) sont les deux principaux candidats à l'élection présidentielle iranienne du 19 mai 2017.
Ebrahim Raissi (G) et Hassan Rohani (D) sont les deux principaux candidats à l'élection présidentielle iranienne du 19 mai 2017. Atta Kenare, Behrouz Meri, AFP

Les Iraniens votent vendredi pour accorder ou non un second mandat au président modéré Hassan Rohani et à sa politique d'ouverture au monde, qui a suscité des espoirs aujourd'hui en partie déçus. Il fait face au conservateur Ebrahim Raissi.

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Les Iraniens se rendent aux urnes, vendredi 19 mai, pour une présidentielle qui fait figure de référendum pour le président sortant, Hassan Rohani. Le chef d’État modéré de 68 ans, à l’origine d’un accord historique sur le nucléaire iranien et favori du scrutin, fait face au religieux conservateur et figure émergente en politique, Ebrahim Raissi, 56 ans. Mostafa Mirsalim, un "petit candidat" peu connu des Iraniens, est également en lice.

>> À lire : Le portrait d'Ebrahim Raissi, candidat inexpérimenté mais adversaire "sérieux" de Rohani

Mariam Pirzadeh, correspondante de France 24 en Iran, relève que le défi, pour Hassan Rohani, est de voir si la politique d’ouverture au monde qu’il a amorcée depuis le début de son mandat, en 2013, sera plébiscitée par la population. D’autant que les antagonismes avec son rival, proche du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, sont nombreux. Soutenu par les conservateurs et entouré pour partie d’anciens ministres de l’ex-président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, "Ebrahim Raissi est vu comme un candidat conservateur un peu fermé, qui a critiqué l’accord sur le nucléaire iranien sans toutefois dire qu’il allait revenir dessus."

30 % des jeunes au chômage

Pour autant, le candidat, novice en politique mais ancien procureur général de la République islamique "veut casser cette image de candidat conservateur, qui veut plonger à nouveau son pays dans l’isolement", poursuit Mariam Pirzadeh. Pour l'image, Ebrahim Raissi a rencontré hier un rappeur interdit de concert en Iran. À la tête de la puissante fondation Astan Qods Razavi, il souhaite revenir à une politique d’aide aux plus défavorisés, notamment à travers la création d’emploi et les aides sociales réduites sous Hassan Rohani. Un message qui parle à une partie de la population jeune d’Iran, dont 30 % est touchée par le chômage.

>> À voir : À la rencontre des Iraniens, à l’heure de la présidentielle

De l'autre côté, les jeunes pro-Rohani, friands d'émancipation, veulent poursuivre l'élan de liberté dont ils commencent à bénéficier. "M. Rohani est peut être un religieux, mais au moins il comprend mieux les jeunes. Avec lui nous savons que nous n’allons pas perdre 4 ou 8 ans de plus de nos vies, avec les salaires que nous gagnons nous pouvons quand même aussi nous amuser", confie une jeune iranienne. 

Alors que l’enjeu de la participation est fort, Mariam Pirzadeh relève que la campagne a été très active sur les réseaux sociaux. Elle précise toutefois qu’il est "impossible de savoir pour le moment quelles sont les intentions de vote, les sondages en Iran [étant] un phénomène nouveau".

>> À lire : un dernier débat présidentiel marqué par de virulentes attaques

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