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Venezuela: les médecins dans la rue contre le président Maduro

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Caracas (AFP)

Les médecins étaient lundi dans la rue à Caracas pour une nouvelle manifestation marquant la huitième semaine de mobilisation contre le président vénézuélien Nicolas Maduro, dans un climat de violences qui a déjà fait 48 morts.

Les deux camps mesurent à nouveau leurs forces ces jours-ci, avec ce défilé de la Fédération médicale vénézuélienne (FMV) en direction du ministère de la Santé et en soutien à l'opposition, avant une Marche pour la paix convoquée mardi par M. Maduro.

"Il faut augmenter la pression au fur et à mesure", a déclaré le leader de l'opposition Henrique Capriles via l'application Periscope.

Lundi matin, des affrontements étaient signalés entre des manifestants et les forces de l'ordre dans la périphérie de la capitale et des barricades bloquaient plusieurs rues.

"On empêche des médecins de notre municipalité de se rendre à la manifestation", s'est plaint sur Twitter David Smolansky, maire de l'opposition de l'arrondissement d'El Hatillo, dans l'est de la ville.

Malgré les heurts et le gaz lacrymogène, les adversaires du chef de l'Etat restent très mobilisés, exaspérés par l'effondrement économique de leur pays.

Autrefois le plus riche de la région grâce à ses immenses réserves pétrolières, le Venezuela n'est plus que l'ombre de lui-même, gangréné par une grave pénurie d'aliments et médicaments, une inflation vertigineuse (720% cette année selon le FMI) et une forte criminalité.

"Nous avons à peine 3% de fournitures" médicales, a expliqué à l'AFP Douglas Leon Natera, président de la FMV.

"C'est une situation chaotique. Nous allons manifester en raison de la faim, du manque de médicaments, de cet holocauste de la santé imposé par le gouvernement", a-t-il ajouté.

Outre les problèmes liés au système de santé, les Vénézuéliens vivent un quotidien éprouvant. Ils doivent patienter des heures devant les supermarchés pour acheter à manger.

Tenant le gouvernement socialiste pour responsable, plus de 200.000 personnes ont manifesté samedi pour exiger des élections anticipées.

A Caracas, plus de 160.000 manifestants, selon l'opposition, ont tenté d'atteindre le ministère de l'Intérieur avant d'être dispersés par les forces de l'ordre.

A San Cristobal (ouest), plus de 40.000 personnes ont défilé, selon une estimation de l'AFP, malgré une situation tendue après le déploiement de 2.600 militaires consécutif à une série de pillages et d'attaques contre des installations de la police et de l'armée.

- 48e mort -

L'armée est le principal soutien de Nicolas Maduro, dont sept Vénézuéliens sur dix rejettent la gestion.

Mais "le fait que l'opposition continue de mobiliser dans la rue et que la communauté internationale poursuive sa pression sur le Venezuela pourrait générer des divisions au sein du gouvernement ou de l'armée, ou entre le gouvernement et l'armée", explique à l'AFP David Smile, analyste au Bureau de Washington sur l'Amérique latine (WOLA).

Un 48e mort depuis le début de cette vague de protestations a été annoncé dimanche par le parquet: un homme de 23 ans, décédé samedi soir après avoir été blessé par balle lors d'une manifestation dans l'Etat de Trujillo (ouest).

L'ONG Foro Penal recense des centaines de blessés, quelque 2.200 personnes interpellées et au moins 161 incarcérées sur ordre des tribunaux militaires depuis le 1er avril, date des premières manifestations.

Le chef de l'Etat a accusé les anti-Maduro d'être à l'origine d'une agression sauvage samedi contre un de ses partisans, Orlando Figuera, 21 ans, frappé, poignardé et grièvement brûlé en marge d'une mobilisation d'opposants, selon lui.

Cette attaque est semblable à celles "des terroristes de l'Etat islamique", a affirmé le président. Le parquet a ouvert une enquête.

Nicolas Maduro, dont le mandat s'achève fin 2018, continue d'accuser Washington d'orchestrer ces manifestations pour fomenter un coup d'Etat.

"Donald Trump a les mains infectées et plongées à fond dans cette conspiration, qui a pour objectif de prendre le contrôle politique du Venezuela", a affirmé dimanche le dirigeant socialiste.

"Occupe-toi de résoudre les problèmes des Etats-Unis, même ton propre peuple ne t'aime pas", a-t-il lancé à l'adresse du président américain.

Le chef de l'Etat a une nouvelle fois appelé l'opposition à "une table de dialogue pour la paix".

Cette option a été jusque-là fermement rejetée par les anti-Maduro qui exigent d'abord un calendrier électoral et s'agacent de son projet de réformer la Constitution, une manoeuvre selon eux pour s'accrocher au pouvoir.

Gouvernement et opposition, qui s'accusent mutuellement des débordements de violence, avaient déjà tenté un dialogue fin 2016, en vain.

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