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Au Venezuela, Nicolas Maduro lance son projet contesté d'Assemblée constituante

Les partisans du président Maduro rassemblés à Caracas, mardi 23 mai 2017.
Les partisans du président Maduro rassemblés à Caracas, mardi 23 mai 2017. Luis Robayo, AFP

Malgré une opposition féroce, le président vénézuélien a signé mardi un décret fixant les modalités d'élection des 540 membres de l'assemblée appelée à rédiger une nouvelle Constitution.

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Nicolas Maduro persiste et signe. Le président vénézuélien a lancé, mardi 23 mai, son processus d'Assemblée constituante "populaire", malgré les critiques de l'opposition, qui y voit une manière de confisquer le pouvoir, cela dans un climat de vives protestations ayant fait 53 morts en près de deux mois.

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Devant des milliers de sympathisants arborant t-shirts et casquettes rouges, le chef de l'État socialiste a signé le décret fixant les modalités d'élection des 540 membres de cette assemblée appelée à rédiger une nouvelle Constitution. Il a expliqué que 176 membres de cette assemblée seront désignés par des groupes sociaux (syndicats, retraités, étudiants...) – que l'opposition accuse d'être sous sa coupe –, les autres 364 membres devant être élus selon un découpage par circonscriptions municipales.

Pour l'opposition, c'est une manœuvre pour éviter toute élection et façonner un texte fondateur "à son image". En outre, la Constituante siégera dans l'hémicycle du Parlement, seul pouvoir public contrôlé par l'opposition depuis sa large victoire aux législatives de fin 2015. Ce qui revient de fait à déloger les actuels députés élus, dont le sort n'a pas été précisé.

L'opposition fulmine

Dans une déclaration, adoptée en fin d'après-midi, le Parlement a dénoncé la convocation d'une assemblée constituante "frauduleuse". "Ce n'est rien d'autre que la continuation du coup d'État contre la Constitution", avait réagi plus tôt Julio Borges, président du Parlement.

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Pour le président socialiste, dont sept Vénézuéliens sur dix rejettent la gestion et pourtant élu jusqu'à fin 2018, la Constituante est l'unique chemin "vers la paix" : "Cela suffit, le fascisme", a lancé Nicolas Maduro, accusant ses adversaires de fomenter la violence.

Une fois le décret signé, le texte sera remis officiellement par les fidèles de Nicolas Maduro aux autorités électorales, elles aussi accusées par l'opposition de défendre les intérêts du gouvernement. "Que ce soit le peuple qui le remette (...) Des élections, vite ! Une Constituante démocratique, pas de haine, de fascisme, de bandes armées qui pillent et volent", a-t-il déclaré.

53 morts en 53 jours

De son côté, l'opposition, qui dénonce une "répression sauvage" des forces de l'ordre, ne compte pas s’arrêter. "Mercredi, nous retournons dans la rue. Est-ce que ça va continuer ? Oui, ça va continuer au nom de ceux qui sont tombés [morts, NDLR] et pour les enfants qui meurent faute d’antibiotiques", a déclaré lundi le député antichaviste José Manuel Olivares.

Le parquet a annoncé mardi la mort de deux jeunes manifestants dans l'État de Barinas (ouest), portant à 53 le nombre de décès en 53 jours de protestations, qui ont également fait un millier de blessés.

Avec AFP

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