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Venezuela : la procureure générale dénonce l'"exacerbation de la violence"

La procureure générale du Venezuela Luisa Ortega lors d'une conférence de presse, le 24 mai 2017.
La procureure générale du Venezuela Luisa Ortega lors d'une conférence de presse, le 24 mai 2017. Federico Parra, AFP

La procureure générale du Venezuela Luisa Ortega a condamné les violences et mis en cause la Garde nationale. Seule voix discordante dans le camp Maduro, elle dénonce la répression du mouvement populaire qui a fait 57 morts depuis début avril.

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C'est un son de cloche dissonnant dans le chœur des soutiens à Nicolas Maduro, le président du Venezuela. Alors que le pays est secoué depuis début avril par un mouvement populaire de contestation du chef de l'État, Luisa Ortega, procureure générale nommée par ce dernier, a dénoncé mercredi 24 mai les violences qui émaillent les manifestations et qui viennent aussi des forces de l'ordre.

Elle a notamment accusé la Garde nationale militarisée d'avoir fait plus de 500 blessés et causé le décès d'un jeune homme de 20 ans, le 26 avril, en lançant une grenade lacrymogène. Au total, 19 policiers et militaires font l'objet de poursuites judiciaires et 18 autres sont visés par des mandats d'arrêt.

Le ministre de l'Intérieur et de la Justice, le général Néstor Reverol, a quant à lui défendu les agissements des forces de l'ordre, accusant le parquet de promouvoir un "climat d'impunité" face à la violence de certains manifestants.

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Luisa Ortega est également revenue sur l'agression d'Orlando Figuera, 21 ans. Le jeune homme a été hospitalisé après avoir été lynché pendant de longues secondes, poignardé, puis aspergé d'essence et transformé en torche vivante courant dans tous les sens, durant une manifestation de l'opposition samedi à Caracas.

Le président Nicolas Maduro accuse ses adversaires d'avoir pris pour cible cette personne "car elle était chaviste" (du nom du défunt ex-président Hugo Chavez, 1999-2013), tandis que l'opposition, qui condamne les faits, assure qu'il s'agissait d'un lynchage de voleur, comme il en arrive régulièrement dans ce pays, parmi les plus violents au monde.

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"C'est dantesque qu'un jeune ait été brûlé vif (dans le quartier) d'Altamira", a déclaré Luisa Ortega. "Nous rejetons la violence, d'où qu'elle vienne", a-t-elle insisté. "Les manifestations doivent être pacifiques. C'est un droit que l'État doit garantir. Si l'on commence à mener des actions violentes, on perd ce droit." "Cette exacerbation de la violence est inquiétante", a-t-elle jugé.

"Assez de ces bandes armées qui pillent (...), de s'en prendre à un être humain et le brûler vif, la réponse de l'opposition est de mettre le feu à la rue", a réagi le chef de l'État, qui assure que son projet d'Assemblée constituante apportera la "paix". Ses opposants n'y voient qu'un moyen de s'accrocher au pouvoir.

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Les deux bords s'accusent aussi mutuellement d'être responsables des affrontements quasi-systématiques entre manifestants et forces de l'ordre lors des défilés qui se succèdent depuis le 1er avril : les projectiles en tous genres et les cocktails Molotov des uns répondent aux gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc et canons à eau des autres.

En une cinquantaine de jours, on compte déjà 57 morts. La prochaine manifestation est annoncée pour vendredi et aura pour objectif un centre militaire de Caracas, l'armée ayant exprimé à plusieurs occasions sa "loyauté inconditionnelle" au président Maduro.

Avec AFP

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