Accéder au contenu principal

États-Unis : un condamné exécuté après avoir échappé sept fois à la peine de mort

Le septuagénaire Tommy Arthur a été exécuté jeudi 25 mai dans sa prison en Alabama.
Le septuagénaire Tommy Arthur a été exécuté jeudi 25 mai dans sa prison en Alabama. Alabama Department of Corrections, AFP

Après avoir échappé sept fois à la peine capitale grâce aux sursis qu'il avait obtenus, Tommy Arthur a finalement été exécuté jeudi dans sa prison d'Alabama. Le prisonnier de 75 ans a passé 34 ans dans le couloir de la mort.

Publicité

Cette fois, Tommy Arthur n’aura pas pu échapper à la peine capitale. Après avoir obtenut sept fois des sursis inespérés, l’homme a finalement a reçu une injection létale jeudi 25 mai peu avant minuit, dans sa prison de l'Alabama, un État du Sud conservateur. "Les efforts prolongés de Thomas Arthur pour échapper à la justice ont finalement connu leur fin", s'est félicité dans un communiqué le procureur général Steve Marshall.

>> À voir sur France 24 : États-Unis : peine de mort et réglementation

Le prisonnier de 75 ans en avait été surnommé "le Houdini des condamnés à mort", en référence à l'illusionniste légendaire capable de s'extirper de toutes les chaînes, cages et cellules. L'odyssée judiciaire de plus de trois décennies de Thomas Arthur, alias Tommy Arthur, s'est conclue jeudi dans la nuit par une ultime bataille devant la Cour suprême.

Un meurtrier récidiviste sans scrupule

Les avocats du condamné demandaient à pouvoir conserver leur téléphone portable en assistant à l'exécution, au cas où celle-ci se déroulerait mal, mais la haute cour a rejeté leur requête.

La juge progressiste Sonia Sotomayor a exprimé son désaccord avec ce refus : "En entrant ce soir dans la chambre d'exécution, Thomas Arthur laissera ses droits constitutionnels à la porte", a-t-elle écrit.

Pour ses adversaires, le condamné n'était qu'un meurtrier récidiviste sans scrupule, doublé d'un manipulateur hors pair. Un procédurier capable d'utiliser toutes les ficelles du droit pour esquiver le glaive de la Justice.

"Thomas Arthur est un artiste de l'évasion ! Il s'est servi de tous les tours possibles et imaginables pour manipuler les tribunaux durant plus de 34 ans !", avait affirmé à l'AFP Janette Grantham, directrice de Victims of Crime and Leniency (Vocal), une association de défense des victimes de criminels.

Le septuagénaire ne niait pas avoir tué sa belle-soeur en 1977, un homicide selon lui accidentel précipité par son abus d'alcool. Mais ce n'est pas pour ce crime qu'il avait été condamné à mort.

34 ans dans le couloir de la mort

Cinq ans plus tard, alors qu'il bénéficiait d'une permission de sortie conditionnelle, Tommy Arthur avait été accusé d'avoir tué par balle un homme, Troy Wicker, dont la femme était devenue sa maîtresse. Selon l'accusation, celle-ci avait promis 10 000 dollars à son amant afin qu'il assassine son mari. Ce crime, dont il s'est toujours affirmé innocent, lui avait valu une peine capitale en 1983.

>> À lire sur France 24 : États-Unis : retour en grâce de la chaise électrique et des chambres à gaz ?

Soit 34 années dans le couloir de la mort durant lesquelles, selon le procureur général de l'Alabama, il "a lancé des recours judiciaires systématiques dans tous les États et tribunaux fédéraux disponibles". Une date d'exécution avait été fixée pour Arthur en 2007, encore 2007, 2008, 2012, 2015 et 2016.

Pour les militants abolitionnistes, le cas de Tommy Arthur illustre l'absurdité de la peine capitale : supposée apporter un réconfort aux victimes, elle joue un rôle opposé quand celles-ci doivent attendre plus de trois décennies; censée avoir un effet dissuasif implacable, elle donne au contraire une impression d'arbitraire.

Avec AFP

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.