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Manifestation réprimée et arrestations à Al-Hoceïma au Maroc

La police marocaine face à des manifestants à Al-Hoceïma dans le nord du Maroc, le 27 mai 2017.
La police marocaine face à des manifestants à Al-Hoceïma dans le nord du Maroc, le 27 mai 2017. Fadel Senna, AFP

Des affrontements ont éclaté entre manifestants et policiers, dans la soirée de samedi, dans le nord du Maroc, à Al-Hoceïma, où des manifestations populaires secouent la ville depuis la mort tragique d'un vendeur de poisson fin octobre.

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Au moins vingt personnes ont été arrêtées par la police marocaine, vendredi 26 et samedi 27 mai, à Al-Hoceïma dans le nord du Maroc, lors d’une manifestation en soutien à Nasser Zefzafi, le leader de la contestation populaire dans la région, actuellement en fuite et recherché par la justice.

Elles sont accusées notamment "d'atteinte à la sécurité intérieure", d'avoir "reçu des transferts d'argent et un appui logistique de l'étranger" pour "porter atteinte à l'intégrité du royaume", ou encore d'alimenter "l'humiliation et l'hostilité à l'égard des symboles du pays", a détaillé dans un communiqué le procureur d'Al-Hoceïma.

Dans la région du Rif, réputée frondeuse, la province d'Al-Hoceima est le théâtre de manifestations récurrentes depuis la mort fin octobre 2016 d'un vendeur de poisson, broyé accidentellement dans une benne à ordures.

Violences à Al-Hoceïma et Imzouren

Après une journée calme, marquant le premier jour du mois de jeûne de ramadan, des incidents ont éclaté, samedi soir tard, quand des groupes de jeunes, ont commencé à se rassembler aux cris de "Vive le Rif" et à converger vers le centre-ville.

Les forces anti-émeutes sont intervenues presque immédiatement pour les disperser violemment à coups de matraques, a constaté l'AFP. "Pourquoi vous nous tapez ?", s'exclamait l'un de ces manifestants, tandis que la plupart reculaient sous les coups, se mettaient à couvert dans les ruelles, et que d'autres lançaient des pierres sur les policiers. Les incidents ont duré près d'une heure, et ont cessé vers minuit.

Des heurts similaires ont été signalés dans la ville voisine d'Imzouren, où les forces de l'ordre sont là aussi intervenues pour disperser les rassemblements, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.

Nasser Zefzafi, recherché par la justice

Depuis octobre 2016, la contestation menée par un petit groupe d'activistes locaux, le "hirak", a pris une tournure sociale et politique. Dans un discours identitaire teinté de conservatisme et de références islamiques, ces militants exigent, entre autres, le développement du Rif, marginalisé selon eux.

Défiant le pouvoir depuis des mois par ses harangues enflammées, Nasser Zefzafi, le leader de ce mouvement, est recherché depuis vendredi soir par la justice, après avoir interrompu le matin même le prêche d'un imam dans une mosquée de la ville. Il est accusé d'avoir "insulté le prédicateur", "prononcé un discours provocateur" et "semé le trouble", selon le procureur local.

Selon l'Association marocaine des droits humains (AMDH) en revanche, c'est "l'insistance" de l'imam "à mobiliser les fidèles contre les manifestations", qui "a suscité l'ire des militants" présents, en particulier Nasser Zefzafi qui s'est estimé "directement ciblé par ce prêche". Le leader politique, qui a pu échapper à la police, est actuellement en fuite.

Lundi, une importante délégation, constituée de sept ministres, s'était rendue à Al-Hoceïma pour y "accélérer" la mise en œuvre d'un catalogue de projets de développement de la région - pour la plupart lancés en 2015 -, l'une des principales revendications des contestataires.

Avec AFP

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