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RD Congo : l'UE sanctionne neuf nouveaux responsables congolais

La ville de Kinshasa touchée par une grève générale à l'initiative de l'opposition, en avril dernier.
La ville de Kinshasa touchée par une grève générale à l'initiative de l'opposition, en avril dernier. Junior D. Kannah, AFP (archives)
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À la suite des violences qui secouent le Kasaï, dans le centre de la République démocratique du Congo, l'Union européenne a pris des sanctions lundi contre neuf hauts responsables du régime de Joseph Kabila.

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L'Union européenne se dit "gravement préoccupée par la détérioration de la situation en RD Congo" dans un communiqué publié, lundi 29 mai, à Bruxelles. La "crise dans le Kasaï a atteint une ampleur exceptionnelle sur le plan à la fois sécuritaire, humanitaire et des droits de l'homme", peut-on lire.

Les sanctions, qui consistent à geler les avoirs et à interdire les voyages, visent notamment le ministre de l'Intérieur Emmanuel Ramazani Shadari, qui a commandité l'arrestation d'activistes et d'opposants et orchestré la répression violente contre des membres du mouvement Bundu Dia Kongo à Kinshasa en janvier et février dernier, et celle dans les provinces du Kasaï. Son prédécesseur, Évariste Boshab, est lui visé pour avoir réprimé des manifestations en 2016 à Kinshasa pendant lesquelles "de nombreux civils ont été tués ou blessés par les forces de sécurité".

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Parmi les autres responsables concernés figurent le directeur de l'Agence nationale de renseignement (ANR), Kalev Mutondo, pour être "impliqué dans l'arrestation arbitraire d'opposants et de militants de la société civile". Le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication Lambert Mende est, lui, accusé d'être responsable de la "politique répressive menée envers les médias".

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Le gouverneur du Kasaï central Alex Kande Mupompa (exécutions extrajudiciaires), l'ancien gouverneur du Haut-Katanga Jean-Claude Kazembe (répression au cours de laquelle 12 civils ont été tués), le commandant de la 31e Brigade des forces armées de la RD Congo, Muhindo Akili Mundos (exécutions extrajudiciaires et massacres) figurent également sur la liste.

Tout comme le général de brigade Eric Ruhorimbere (exécutions de miliciens, de femmes et d'enfants). Le neuvième sanctionné est le chef de milices Gédéon Kyungu Mutanga, qui a "contribué à de graves violations des droits de l'Homme et à des crimes de guerre tels que des exécutions de civils au Katanga" et est actuellement actif au Kasaï.

Sept personnes déjà sanctionnées

Cette liste, publiée au Journal officiel de l'UE, s'ajoute à celle de sept personnes soumises à des sanctions depuis décembre 2016 "en réponse aux entraves au processus électoral et aux violations des droits de l'Homme qui y étaient liées", a indiqué le Conseil de l'UE dans son communiqué.

Interrogée par l'AFP à Kinshasa, une source gouvernementale congolaise a refusé de réagir officiellement. "C'est très préoccupant", a néanmoins déclaré ce responsable sous le couvert de l'anonymat, accusant l'UE de chercher à "déstabiliser la RD Congo, comme la Libye ou l'Irak".

Depuis septembre 2016, la région du Kasaï est secouée par la rébellion de Kamuina Nsapu, chef traditionnel tué en août lors d'une opération militaire après s'être révolté contre les autorités de Kinshasa.

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Selon l'ONU, ces violences ont fait plus de 400 morts et causé le déplacement de 1,27 million de personnes. Selon le député d'opposition Delly Sesanga, le bilan de ces violences monte à plus de 3000 morts.

Avec AFP

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