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L'armée philippine à la peine face aux combattants islamistes affiliés à l'EI

Des soldats philippins patrouillent dans la ville de Marawi, toujours en proie aux flammes et au chaos.
Des soldats philippins patrouillent dans la ville de Marawi, toujours en proie aux flammes et au chaos. Ted Aljibe, AFP

Après plus d'une semaine de combats contre des insurgés islamistes qui se réclament de l'EI, l'armée philippine peinait toujours, mercredi, à reprendre le contrôle total de Marawi, une ville du sud du pays à majorité musulmane.

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L’armée philippine a annoncé avoir abattu 89 combattants islamistes, qui se réclament de l’organisation État islamique (EI), après plus d'une semaine de combats acharnés dans la ville de Marawi, située sur l'île de Mindanao, dans le sud du pays.

Des hélicoptères militaires continuaient, mercredi 31 mai, de tirer des roquettes sur les poches de résistance de cette ville, dont certains quartiers sont toujours aux mains des insurgés qui retiennent des civils en otage, alors que plusieurs milliers d'habitants étaient pris au piège des combats.

Chasse à l’homme contre "l'émir" autoproclamé de l’EI

Ces violents affrontements avaient éclaté après une opération avortée des forces de sécurité visant à capturer Isnilon Hapilon, "émir" autoproclamé de l'EI en Asie du Sud-Est, dont la tête est mise à prix pour 5 millions de dollars (4,5 millions d'euros) par l’administration américaine. Il est également l'un des dirigeants d'Abou Sayyaf, groupe islamiste spécialisé depuis les années 1990 dans les enlèvements crapuleux de Philippins et d’étrangers.

>> À lire : L'EI à l'assaut du sud de l'archipel philippin

Après avoir repoussé les forces de sécurité, des dizaines de combattants se sont livrés au saccage de la ville en brandissant des drapeaux noirs de l'EI. D'après les spécialistes des questions de sécurité, Isnilon Hapilon s'efforce d'unifier les groupes philippins qui ont prêté allégeance à l'EI. Parmi eux, le groupe Maute, qui a livré ces 12 derniers mois des combats meurtriers contre l'armée.

Le chef islamiste se trouve probablement toujours dans Marawi, a affirmé mercredi aux journalistes le porte-parole de l'armée, le général Restituto Padilla, précisant que  89 islamistes ont été tués jusqu'ici. Il a ajouté que l'armée réalisait des progrès "très positifs" vers la résolution de cette crise, au cours de laquelle 21 membres des forces de sécurité et 19 civils ont également perdu la vie.

Les islamistes affirment avoir pris 240 civils en otage

Il a reconnu que de nombreux civils étaient toujours coincés dans certains quartiers de la ville, à majorité musulmane dans un archipel essentiellement catholique, que les islamistes contrôlent toujours. Il s'est dit incapable de chiffrer le nombre de combattants islamistes, dont les effectifs ont été renforcés par l'ouverture des portes de deux prisons lors des premiers jours de combat. Les hommes armés ont également pris un prêtre et 14 personnes en otage dans une église.

Le père Chito Suganob est apparu mardi dans une vidéo mise en ligne, réitérant les demandes des islamistes d'un départ des forces de sécurité, et affirmant que 240 civils étaient retenus comme otages. "La vidéo semble authentique", a concédé Restituto Padilla, tout en précisant que des experts de l'armée continuaient de l'analyser.

>> À lire : Rodrigo Duterte, le président philippin qui veut "tuer plus" de dealers

Après la décapitation la semaine dernière d’un chef de la police locale, le président Rodrigo Duterte a déclaré la loi martiale dans toute la région de Mindanao, deuxième plus grande île de l'archipel, où vivent 20 millions de personnes. Il a laissé entendre qu’il pourrait déclarer ce régime d'exception "dans tout le pays pour protéger la population".

Les opposants au chef de l'Etat, initiateur d'une guerre controversée contre la drogue qui a fait des milliers de morts, ont exprimé leurs craintes de le voir se servir des questions de sécurité pour imposer une forme d'autoritarisme.

Avec AFP

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