Accéder au contenu principal

Mounir Mahjoubi, le "geek" du gouvernement symbole de La République en marche

Âgé de 33 ans, le secrétaire d'État au Numérique Mounir Mahjoubi est le plus jeune membre du gouvernement.
Âgé de 33 ans, le secrétaire d'État au Numérique Mounir Mahjoubi est le plus jeune membre du gouvernement. Philippe Lopez, AFP

Candidat aux législatives dans le XIXe arrondissement de Paris face au député sortant et premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, le secrétaire d’État au Numérique Mounir Mahjoubi est une figure du parti créé par Emmanuel Macron.

Publicité

Lorsqu’on demande à Mounir Mahjoubi s’il a conscience d’être le symbole de La République en marche (LREM), la question le gêne. Fils d’immigrés marocains – un père peintre en bâtiment, une mère femme de ménage –, 33 ans seulement, le secrétaire d’État au Numérique du gouvernement d’Édouard Philippe, issu de la société civile, en a pourtant tous les attributs.

Candidat LREM aux élections législatives (11 et 18 juin) dans la 16e circonscription de Paris, qui recouvre la majeure partie du XIXe arrondissement, son duel avec le député sortant et premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, symbolise parfaitement la volonté du jeune parti d’Emmanuel Macron d’en finir avec le PS.

"Je ne suis pas en campagne contre le PS ou contre Jean-Christophe Cambadélis, je suis en campagne pour faire gagner La République en marche dans le XIXe afin de donner une majorité au gouvernement, se défend-il toutefois. Mais oui effectivement, les gens n’ont plus envie de voter PS. Je ressens une envie de renouvellement, que ce soit dans la méthode ou les visages. Moi, je ne fais pas campagne avec le maire d’arrondissement et le sénateur qui sont tous les deux élus depuis 20 et 30 ans."

Encore peu connu du grand public, Mounir Mahjoubi mène une campagne de proximité en allant quotidiennement à la rencontre des électeurs, une fois sa journée au ministère terminée. Dans les quartiers populaires, il n’hésite pas à mettre en avant ses origines sociales modestes. Sa jeunesse dans le XIIe arrondissement, le logement social dont rêvait sa famille, les files d’attente en préfecture pour les titres de séjour sont évoqués. "On ne peut pas oublier d’où l’on vient", dit-il, mercredi 31 mai, à ces mères de famille rencontrées au Petit château rouge, une boutique de produits exotiques située entre le bassin de la Villette et le parc des Buttes-Chaumont. La discussion dure une quinzaine de minutes. Assez de temps pour convaincre ces femmes qui n’hésitent pas à scander "Vive le député ! Vive Monsieur Mahjoubi !" lorsque ce dernier finit par s’en aller.

>> À lire : Affaire Ferrand, l'équipe Macron à l'épreuve de l'investigation

Mounir Mahjoubi a bien conscience qu’il est, pour ces femmes et leurs enfants, un exemple de réussite. Il sait aussi qu’il représente pour Emmanuel Macron, qui a souvent parlé durant la campagne présidentielle de "l’assignation à résidence" dont seraient victimes les personnes issues des quartiers populaires, le symbole d’un ascenseur social capable de fonctionner.

"Aimer l’école, ça change une vie entière"

Diplômé d’une maîtrise de droit des affaires à la Sorbonne et d’un master finances et stratégie à Sciences-Po Paris, le tout en travaillant les week-ends, depuis ses 16 ans, comme technicien réseau chez le fournisseur d’accès Club Internet, le secrétaire d’État affirme devoir sa réussite à l’école républicaine.

"Pour mes parents, c’était la seule chose importante : il fallait avoir de bonnes notes, il fallait travailler. Après ça tient aussi à ma personnalité. Petit, le seul truc qui m’intéressait, c’était d’être à l’école. J’aimais y aller tôt, j’aimais y rester tard. Et aimer l’école, ça change une vie entière", assure-t-il à France 24, après nous avoir lu une lettre de félicitations envoyée récemment au ministère par son ancienne institutrice de CE1/CE2.

>> À lire : Sur le renouvellement politique, En Marche ! n'a rien fait d'inédit

Ses études terminées, en tant que "geek" autodidacte revendiqué, il se lance rapidement dans l’univers des start-up. Son principal fait d’armes d’entrepreneur reste, à ce jour, d’avoir co-créé "La ruche qui dit oui", une application mettant en relation clients et producteurs de fruits et légumes et qui promeut les circuits courts.

Mounir Mahjoubi fait aussi en parallèle ses premières armes en politique. Son engagement passe d’abord par Club Internet, où il devient à 18 ans délégué syndical CFDT. Quelques années plus tard, encarté au PS, il lance la "Ségosphère" pour promouvoir sur Internet la candidature de Ségolène Royal à la primaire socialiste de 2006. En 2011, il est appelé pour participer à la campagne numérique de François Hollande, qui le nomme cinq ans plus tard président du Conseil national du numérique. Il en démissionnera en janvier 2017 pour rejoindre l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron, qu’il observe de près depuis le lancement d’En Marche ! en avril 2016. "Avec lui, j’ai retrouvé tout ce que j’ai aimé chez Ségolène, tout ce que j’ai aimé chez Hollande, plus la modernité du temps présent", résume-t-il.

"Ce qui m’excite le plus c’est la création, reconnaît-il lorsque nous lui faisons remarquer qu’il n’est jamais resté très longtemps au sein des entreprises pour lesquelles il a travaillé. Quand on lance un projet, ce que j’aime, c’est être en campagne pour défendre cette idée, convaincre les gens. Or, ma position, aujourd’hui, est fantastique ! J’ai enfin trouvé un endroit où on célèbre cette compétence particulière. Un ministre, sa fonction, c’est avoir une vision à long terme et lancer de nouvelles choses. Je ne suis pas là pour gérer, il y a des administrations pour ça. Mais tous les jours, il y a un truc nouveau à décider, à impulser, à lancer, à organiser, à influencer."

"L’enjeu absolu de ma vie, c’est de convaincre les gens"

S’il ne veut pas que sa mission de secrétaire d’État au Numérique s’achève au lendemain des élections législatives, Mounir Mahjoubi sait néanmoins qu’il doit être élu le 18 juin, le chef du gouvernement, Édouard Philippe, ayant annoncé que les ministres battus aux législatives devraient démissionner.

Pour mettre toutes les chances de son côté, il s’est inspiré des méthodes qui ont fait le succès du nouveau président de la République. À l’image de la "grande marche" de l’été 2016 qui avait permis à Emmanuel Macron d’analyser le sentiment des Français sur l’état du pays, les équipes du candidat sont allées interroger commerçants et habitants du XIXe arrondissement. L’analyse de leurs réponses fait ressortir les thèmes à aborder en fonction des quartiers.

>> À lire : En campagne rive gauche, NKM contrainte de rassurer l'électorat de droite parisien

Ainsi, lorsqu’il va à la rencontre des habitants de la butte Bergeyre, un micro-quartier niché sur une colline à deux pas des Buttes-Chaumont, Mounir Mahjoubi a en tête que la question écologique est primordiale chez une bonne partie de ces électeurs ayant un profil plutôt privilégié. Et c’est volontiers qu’il accompagne certains d’entre eux pour visiter leur jardin partagé.

Comme Emmanuel Macron, le candidat de La République en marche peut aussi compter sur une bonne dose de séduction. "Mais attention, prévient-il, j’utilise la séduction dans un but très précis : convaincre. L’enjeu absolu de ma vie, c’est de convaincre les gens, qu’ils écoutent ce que j’ai à leur dire lorsque j’ai la conviction qu’il y a un truc qui peut être bien pour nous tous. Et mes plus grandes déceptions c’est quand je n’ai pas réussi à convaincre quelqu’un."

>> À voir : Élections législatives, un scrutin décisif

Parviendra-t-il à mobiliser les électeurs sur son nom et l’étiquette LREM ? Mounir Mahjoubi compte bien aller chercher les électeurs un par un. "Pour les dix derniers jours de campagne, nous avons l’objectif de frapper à 10 000 portes", annonce-t-il. Au premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril dernier, c’est Jean-Luc Mélenchon (30,70 %) qui était arrivé en tête dans le XIXe arrondissement, juste devant Emmanuel Macron (29,60 %), tandis que François Fillon (16,29 %) et Benoît Hamon (12,99 %) étaient nettement distancés.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.