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Attentat du London bridge : la sécurité au centre des débats à la veille des législatives

Des policiers britanniques en patrouille au sud du London bridge, le 6 juin.
Des policiers britanniques en patrouille au sud du London bridge, le 6 juin. Odd Andersen, AFP

À la veille de législatives décisives au Royaume-Uni, le thème de la sécurité est plus que jamais au cœur de la campagne, après la révélation que deux des auteurs du dernier attentat qui a frappé Londres avaient été signalés aux autorités.

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Les services de sécurité et de renseignements britanniques sont-ils à la hauteur ? C’est la question que se posent de nombreux Britanniques, après l’attentat perpétré Londres, et qui pourrait avoir une influence sur leur vote aux législatives du jeudi 8 juin.

Dans une interview au Sun publiée dans la soirée du 6 juin, la Première ministre, Theresa May, a voulu apporter une réponse forte. Elle s’est dite prête à détricoter les lois sur les droits de l’Homme l’empêchant de légiférer sur le terrorisme. Elle souhaite par exemple rendre l’expulsion de suspects de terrorisme étrangers plus aisée et accroître la durée de détention pour les suspects de terrorisme.

Une manière pour la Première ministre de tenter de canaliser la polémique sur l’efficacité des services de renseignement et de sécurité au Royaume-Uni, après la révélation que deux des trois auteurs de l'attentat dans la capitale britannique, trois jours auparavant, étaient connus des autorités.

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L'identité de Youssef Zaghba, un Italien d'origine marocaine de 22 ans, membre de l'équipée meurtrière, a été révélée mardi matin par Scotland Yard, qui a affirmé qu'il n'était pas connu des services de police. Mais selon les autorités italiennes, il avait été repéré en mars 2016 après avoir apparemment cherché à gagner la Syrie, et dûment signalé aux autorités britanniques.

Un second assaillant, Khuram Shazad Butt, 27 ans, un Britannique né au Pakistan était connu des services de police. Proche du prêcheur radical Anjem Choudary, il était même apparu dans un documentaire de Channel 4 intitulé "Mes voisins les jihadistes" diffusé l'an dernier. Pour le journal Telegraph, "il est stupéfiant que des gens qui représentent une telle menace (...) puissent étaler leur idéologie nauséabonde à la télévision sans en subir les conséquences". Rachid Redouane, 30 ans, qui se présentait comme un binational marocain et libyen, ne faisait l'objet d'aucun signalement.

Questions sans réponse

Après cette troisième attaque en moins de trois mois revendiquée par le groupe État islamique, le pays s'interroge sur l'efficacité des services de sécurité. Khalid Masood, l'auteur de l'attentat de Westminster le 22 mars, Salman Abedi, le kamikaze qui s'est fait exploser à la Manchester Arena le 22 mai, était aussi connu des autorités.

"Ce sont des questions auxquelles les services de police et de renseignement devront répondre", a reconnu le ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, sur SkyNews.

Lors d'un déplacement au Pays de Galles, Theresa May a annoncé que les services de police et de renseignement allaient entreprendre un examen de leur méthodes de travail, comme après l'attentat de Manchester. Le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn avait appelé celle-ci à démissionner, lui reprochant les réductions d'effectifs policiers ordonnées lorsqu'elle était ministre de l'Intérieur (2010-2016).

Ces critiques tombent au mauvais moment pour la dirigeante conservatrice, à deux jours d'un scrutin décisif pour la future négociation du Brexit.

>> À lire sur France 24 : Theresa May en mauvaise posture

Avec AFP

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