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Un œuf par jour pourrait aider à lutter contre le retard de croissance des enfants souffrant de malnutrition

Alexandra Ribeiro/Getty

Une étude conduite en Équateur démontre que la consommation d'un œuf par jour peut réduire de moitié le risque de retard de croissance chez les enfants. Une découverte qui pourrait aider à résoudre les problèmes de malnutrition dans de nombreux pays.

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On est désormais tous familiers de la recommandation du ministère de la santé : manger ciinq fruits et légumes par jour, au minimum. Mais pour les enfants, notamment ceux dont la croissance connaît un retard, ajouter œuf par jour au menu pourrait également porter ses fruits.

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Des chercheurs américains et équatoriens sont arrivés à cette conclusion après avoir conduit une expérience à Quito, en Équateur, une région où plus de 42 % des enfants subissent un retard de croissance. Durant six mois (de mars à décembre 2015), des nourissons de 6 à 9 mois ont consommé un œuf par jour, tout en étant auscultés toutes les semaines.

Les symptômes d'un retard de croissance étaient réduits de moitié chez les enfants ayant suivi le régime à base d'œufs

Les résultats, comparés à ceux d'un groupe de bébés n'ayant pas suivi ce régime (appelé aussi un "groupe de contrôle"), révèlent quelque chose d'inattendu : les symptômes d'un retard de croissance étaient réduits de moitié chez les enfants ayant suivi le régime alimentaire à base d'œufs. Cette consommation quotidienne aurait ainsi réduit de 47 % le retard de croissance chez les sujets observés, et, plus encore, tous avaient grandi de manière plus notable que les enfants du groupe de contrôle. Enfin, les consommateurs d'œufs présentaient 74 % moins de chance d'être en sous-poids.

L'œuf, un aliment complet et bon marché

Comme le rappelle Popular Science, les œufs contiennent des protéines, de la vitamine B12, de la riboflavine, de la choline et de nombreux autres minéraux et vitamines. "Les œufs sont très complets vu l'ensemble des nutriments qu'ils fournissent", confirme à Seeker Lora Iannotti, experte en nutrition ayant participé à l'expérience. L'étude, publiée dans Pediatrics par l'American Academy of Pedicatrics en juin 2017, déclare que l'œuf recèle de la moitié des nutriments nécessaires au développement d'un enfant en bas âge.

Le retard de croissance des enfants est un énorme problème : selon l'association 1 000 Days, un enfant de moins de 5 ans sur 4 est victime d'un retard de croissance. Cela entraîne un ralentissement dans la prise de poids et de taille, un développement problématique du cerveau, l'affaiblissement du système immunitaire et bien d'autres problèmes de santé. Dans les pays pauvres, en développement ou subissant la guerre, la malnutrition entraîne de nombreuses maladies et conduit souvent à la mort chez beaucoup d'enfants. Contrairement aux aliments fournis par les ONG ou importés dans ces pays, l'œuf n'est pas difficile à se procurer.

"Les œufs ne vont pas sauver le monde, mais en en mangeant chaque enfant s'est rapproché de son potentiel génétique"

"Le facteur premier de retard de croissance des enfants est la pauvreté, et tout autour du monde existent de nombreux programmes de nutrition", analyse Lora Iannotti. "Mais notre réflexion autour de cette étude était plutôt d'utiliser un aliment disponible localement, de meilleure qualité, et qui fournit le plus de nutriments possibles."

Plutôt bon marché dans les pays développés, facilement accessible dans les pays pauvres, l'œuf pourrait donc être une solution à la malnutrition. L'Assemblée mondiale de la Santé s'est fixée un but : réduire de 40 % les retards de croissance chez les enfants dans les huit prochaines années. Selon l'étude de l'American Academy of Pedicatrics, ce but ne risque pas d'être atteint. Mais concentrer les programmes de nutrition autour d'aliments simples et facilement disponibles peut être une solution.

"Je ne dis pas que les œufs vont sauver le monde", poursuit la chercheuse. "Mais tous les enfants [qui ont participé à l'étude] se sont rapprochés de leur potentiel génétique."

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