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Syrie : violents combats à Raqqa entre forces arabo-kurdes et jihadistes

Des membres des les Forces démocratiques syriennes au nord de Raqqa le 7 juin 2017.
Des membres des les Forces démocratiques syriennes au nord de Raqqa le 7 juin 2017. Delil Souleiman, AFP

Les forces arabo-kurdes syriennes soutenues au sol et dans les airs par les États-Unis tentent de progresser dans Raqqa, au prix de violents combats dans le principal fief du groupe EI. Selon l'OSDH, au moins 17 civils ont été tués dans les raids.

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La bataille fait rage à Raqqa. Les forces arabo-kurdes syriennes soutenues au sol et dans les airs par les États-Unis tentaient de progresser jeudi 8 juin dans la ville syrienne au prix de violents combats dans le principal fief du groupe jihadiste État islamique (EI) en Syrie.

Au moins 17 civils ont perdu la vie dans des raids de la coalition, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Le bilan de ces frappes menées dans la nuit de jeudi à vendredi pourrait encore s'alourdir car des dizaines de personnes ont été blessées, a précisé à l'AFP le chef de l'OSDH Rami Abdel Rahman.

Sept mois après le début d'une offensive d'envergure qui leur a permis de s'emparer de vastes régions autour de la ville septentrionale de Raqqa, les Forces démocratiques syriennes (FDS) sont entrées mardi pour la première foisdans la cité, annonçant le début de la "grande" bataille pour en chasser l'EI.

La bataille de Raqqa constitue l'un des principaux fronts de la guerre aux multiples belligérants en Syrie, qui a fait plus de 320 000 morts depuis mars 2011.

Tirs d'obus des deux côtés

Un correspondant de l'AFP a pu pénétrer brièvement mercredi dans le quartier de Mechleb contrôlé désormais en partie par les FDS, qui étaient entrées par l'est. Il a été témoin de violents combats avec notamment des tirs d'obus des deux côtés.

Equipées d'armes légères, notamment des kalachnikovs, les FDS tentaient de cacher leurs véhicules pour ne pas être repérés par les drones de l'EI.

"Nos troupes avancent à Mechleb et contrôlent des parties du quartier, a déclaré jeudi à l'AFP un porte-parole des FDS Talal Sello. Les forces de la coalition internationale travaillent avec nous sur le terrain de manière très efficace."

Bombardements incessants

Les FDS n'ont pas autorisé les journalistes à retourner dans Raqqa, où des combats intenses se poursuivaient jeudi, selon l'OSDH. "L'EI dispose de snipers et a disséminé de nombreuses mines à Mechleb", selon l'Observatoire. Le quartier a été vidé de ses habitants par les jihadistes avant l'entrée des FDS et l'EI y a creusé des tranchées défensives et des tunnels.

Les combats se poursuivaient également à la périphérie ouest de Raqqa, ajoute l'OSDH.

Mercredi, un correspondant de l'AFP a vu des véhicules blindés de la coalition chargés d'armes lourdes et recouverts de bâches de camouflage garés sous des oliviers, dans le désert à l'est de Raqqa.

Un responsable du ministère américain de la Défense a affirmé qu'il restait "jusqu'à 2 500 [combattants de l'EI dans Raqqa]". Selon le Pentagone, "des centaines" de militaires américains participent à l'offensive sur Raqqa.

"Boucliers humains"

L'armée américaine a notamment déployé des pièces d'artillerie près de Raqqa pour soutenir les FDS. Des hélicoptères d'attaque Apache américains sont également prêts à intervenir dans la bataille.

Capturée par les jihadistes en 2014, Raqqa est devenue le symbole des atrocités commises par l'EI, mais aussi une base pour la planification d'attentats commis à l'étranger. Selon les Nations unies, environ 160 000 personnes vivent à Raqqa, contre 300 000 avant le début de la guerre.

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU a affirmé que quelque 100 000 personnes "pourraient se trouver piégées" durant l'assaut. L'International Rescue Committee a dit craindre que l'EI n'utilise les civils comme "boucliers humains".

L'armée syrienne a été absente jusqu'à présent de la bataille de Raqqa, même si l'agence de presse officielle Sana a indiqué que l'armée de l'air avait visé des positions de l'EI dans l'ouest de la province du même nom.

Des négociations entre régime et rebelles prévues les 12 et 13 juin à Astana en vue de trouver une solution au conflit ont été reportés sine die.

Avec AFP

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