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Venezuela : le ministre de la Défense reconnaît pour la première fois des abus commis par l'armée

Manifestation à Caracas pour demander le départ du président Nicolas Maduro, le 7 juin 2017.
Manifestation à Caracas pour demander le départ du président Nicolas Maduro, le 7 juin 2017. Juan Barreto, AFP

Le ministre de la Défense vénézuélien a reconnu, mardi, des abus commis par des militaires sur les manifestants qui exigent le départ du président Nicolas Maduro. Il promet la fin "des atrocités". L'opposition lui demande de "respecter sa parole".

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"Je ne veux pas voir un garde national de plus en train de commettre des atrocités dans la rue." Le ministre de la Défense vénézuélien Vladimir Padrino Lopez a reconnu pour la première fois, mardi 6 juin, des abus commis par les militaires sur les manifestants qui exigent depuis plus de deux mois le départ du président Nicolas Maduro. Il réagissait à la polémique générée par la diffusion, lundi, de vidéos sur les réseaux sociaux montrant policiers et militaires en train d'agresser et de voler les effets personnels de plusieurs manifestants appréhendés lors des défilés.

"Celui qui ne respecte pas la ligne de l'État, l'importance suprême des droits de l'Homme, (...) et qui ne se comporte pas en professionnel devra en assumer les responsabilités", a affirmé le ministre, qui avait apporté il y a quelques semaines le soutien "inconditionnel" au président de l'armée, acteur incontournable dans le pays.

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"Nous appelons M. Padrino Lopez à respecter sa parole et à laisser la manifestation se dérouler en paix", a rétorqué mercredi Julio Borges, président du Parlement, unique institution contrôlée par l'opposition. "Les paroles ne suffisent pas, M. Padrino Lopez", a renchéri la députée Delsa Solorzano, exhortant le ministre à "mettre en prison les gardes nationaux commettant des abus". La procureure générale Luisa Ortega a elle aussi dénoncé des abus de l'armée, ce qui lui a valu d'être qualifiée de "traître" par le gouvernement.

Selon Alvaro Sierra, journaliste spécialiste du Venezuela, intérrogé par France 24, cette sortie du ministre de la Défense "renforce les spécualtions sur le fait qu'il pourrait y avoir des divisions au sein des forces armées et chez les militaires."

Le ministre de l'Intérieur, le général Nestor Reverol, accusé de narcotrafic par les États-Unis, a de son côté annoncé que les policiers impliqués dans les vols et abus avaient été identifiés et qu'ils seraient mis à la disposition de la justice.

Un manifestant de 17 ans tué

La situation s’enlise chaque jour un peu plus au Venezuela. Un adolescent de 17 ans est mort, mercredi 7 juin à Caracas, dans le cadre des manifestations. Il a été tué à Chacao, un quartier de l'est de la capitale, a indiqué le parquet, qui a ouvert une enquête. L’opposition a attribué la responsabilité de la mort du jeune homme aux forces de sécurité. Ce décès porte à 66 le nombre de manifestants tués depuis le début du mouvement de contestation en avril. Un millier de personnes ont été blessés et des centaines de personnes ont été arrêtées depuis deux mois, selon le parquet.

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Les adversaires de Nicolas Maduro le rendent responsable de l'effondrement économique du pays et l'accusent de vouloir confisquer le pouvoir, notamment avec son projet controversé de réforme de la Constitution. Ils dénoncent aussi une répression "sauvage" de la police et de l'armée lors des manifestations.

Avec AFP

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