Accéder au contenu principal

"Contre l'état d'urgence permanent"

Capture d'écran France 24

Au menu de cette revue de presse française du vendredi 9 juin, la polémique autour de l'avant-projet de loi sur la lutte contre le terrorisme en France. Les quotidiens s'inquiètent d'une pérennisation de l’état d'urgence et d'une menace pour les libertés individuelles. À deux jours des législatives, la presse titre sur le "big bang" annoncé de la vague La République En Marche à l'Assemblée...

PUBLICITÉ

C’est le journal Le Monde qui révèle cet avant-projet de loi visant à renforcer la lutte contre le terrorisme et la sécurité intérieure. Le texte confirme le pouvoir des préfets et de la police au détriment du juge "maintenu à l’écart" des assignations à résidence, des perquisitions administratives ou encore des fermetures des lieux de culte. Libération s'insurge. "Contre l’état d’urgence permanent", titre le journal de gauche, dénonçant la mise à mal des libertés individuelles. Le président Macron aurait ainsi trahit le candidat Macron, lui qui promettait de sortir de cette situation hors norme. L’état d’urgence est un piège politique, résume Le Monde. En effet, la transposition dans le droit commun de mesures techniques dont l’opinion publique ne se préoccupe guère ne rendrait pas celle-ci plus indulgente envers le pouvoir, si un attentat survenait après le premier novembre…

À deux jours des législatives en France, la large victoire de la République en Marche ne fait guère de doute. C’est un "big bang" en perspective à l’Assemblée nationale, titre Les Échos. Le journal économique se prépare "à la vague En Marche". Selon les derniers sondages, le parti d'Emmanuel Macron recueillerait au premier tour 30% des intentions de vote - de quoi lui assurer 370 à 400 députés dans l’hémicycle. Le président devrait donc avoir les "coudées franches" pour mettre en œuvre ses réformes, à commencer par celle du droit du travail. Pour L’Opinion, ces législatives sont le dernier acte du "dégagisme". Partout, les routiers de l’Assemblée nationale sont en grande difficulté, d’autres par dizaines ont jeté l’éponge, poursuit le journal libéral.

Mais une telle majorité absolue de la République en Marche n’est pas sans poser de questions. L’Opinion met en garde contre "les affres d’une majorité trop large" et le risque de voir venir "une armée de godillots, aux ordres d’un président qui a vécu de trop près l’épisode des frondeurs pour le laisser se reproduire". Le journal rappelle aussi que plus une majorité est large, plus elle a de chances de se fractionner. Quand, en 1815, l’hémicycle avait été rempli à 80% de royalistes, cela lui avait valu le surnom de "chambre introuvable". Elle a été dissoute un an après.

Autre question posée par cette large victoire : que va devenir l’opposition? La Croix prédit "un fractionnement inévitable de l’opposition au président". Or "une démocratie, pour bien fonctionner face à la majorité, doit être capable de se faire entendre à l’intérieur des institutions". Deux risques doivent être conjurés : ceux "d’un pouvoir enivré par l’absence d’obstacles parlementaires" et d’une "majorité trop large pour être durablement cohérente".

 

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.