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Législatives 2017 : un nombre record de femmes aux portes de l'Assemblée

Ségolène Royal, ministre de l'environnement, aux côtés de Laurence Rossignol (g), le 31 mai 2016, à l'Assemblée nationale, à Paris.
Ségolène Royal, ministre de l'environnement, aux côtés de Laurence Rossignol (g), le 31 mai 2016, à l'Assemblée nationale, à Paris. Bertrand Guay, AFP

Quelque 246 femmes sont arrivées en tête du 1er tour des législatives. Le 18 juin prochain, elles pourraient obtenir 42 % des sièges dans l’Hémicycle.

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Bonne nouvelle pour la parité : sur les 577 candidats arrivés en tête du premier tour des élections législatives dimanche 11 juin, 246 sont des femmes. "Avec plus de 40 % de femmes arrivées en tête du 1er tour des législatives, on peut espérer que cela amènera entre un tiers et 40 % de femmes à l’Assemblée", estime Mariette Sineau, politologue et directrice de recherche CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). Du jamais vu sous la Ve République.

>> À (re)lire sur France 24 : Législatives : le parti de Macron en marche vers la majorité absolue

Lors du précédent scrutin en 2012, quelque 155 femmes avaient été élues pour 421 hommes. Elles composaient alors 26,9 % de l'Hémicycle, un chiffre déjà considéré comme historique à l’époque. Si ce nouveau record annoncé n’atteint pas encore la parité, il "préjuge d’un profond renouvellement de l’Assemblée nationale", explique l’observatrice politique.

"Les raz-de-marée profitent toujours aux outsiders"

Plusieurs facteurs expliquent ces bons chiffres pour la gent féminine. " Le bon score des femmes au 1er tour est dû à la vague de fond des candidats de La République en marche. La preuve, 78 % des femmes arrivées en tête de leur circonscription portent l’étiquette du président de la République". Et Mariette Sineau de préciser à France 24 : "Les raz-de-marée politiques profitent toujours aux outsiders, dont les femmes font partie. Les candidats inconnus ou sans expérience qui ont été investis dans des circonscriptions réputées difficiles à gagner ont été portés par l’ampleur de la vague nationale."

À lui seul, le parti d'Emmanuel Macron a en effet porté quelque 187 femmes et 207 hommes au second tour. Un chiffre proche de la parité qui n’a rien d’étonnant, le parti du président ayant toujours mis la parité à l’honneur dans les rangs de son mouvement.

Mais le phénomène Emmanuel Macron - aussi puissant soit-il - n’explique pas tout. La féminisation de cette chambre parlementaire s’inscrit dans une perspective plus large. Depuis 30 ans, le nombre de femmes siégeant à l'Assemblée ne cesse d’augmenter à chaque législature. On comptait ainsi 42 députées en 1993, 73 en 1997, 77 en 2002, 116 en 2007 et 155 en 2012. La progressive ascension des femmes en politique s’inscrit donc dans une émancipation plus large de la femme dans la société.

Nouvelles élues, nouvelles idées ?

Mais pas seulement. "Deux lois récentes ont aussi favorisé la féminisation des candidatures, précise la chercheuse. La première est celle qui double les pénalités financières imposées aux partis ne respectant pas la parité des investitures. La seconde est celle qui interdit aux parlementaires de présider un exécutif local. Les hommes, bien souvent en situation de cumul, ont ainsi dû délaisser leur mandat de député, ce qui a créé un appel d’air et profité aux jeunes et aux femmes."

Reste à savoir si la vague féminine à l’Assemblée changera la manière de gouverner. La professeur de SciencePo veut y croire. "L’arrivée de nouvelles et nouveaux venus, qui entraînera un rajeunissement de l’Assemblée nationale, pourrait diminuer la pratique de l’entre soi et permettre l’émergence d’idées novatrices dans différents domaines de la politique."

Si ces projections se confirment, la France se hisserait à la seconde place des pays européens en matière de parité devant l'Espagne avec 42 % de femmes dans son Parlement, mais derrière la Suède qui en compte 46 %.
 

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