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Activités de Lafarge en Syrie : l'enquête confiée à trois juges

Le groupe LafargeHolcim a reconnu, début mars, avoir "indirectement" financé en 2013 et 2014 des groupes armés dans le nord de la Syrie.
Le groupe LafargeHolcim a reconnu, début mars, avoir "indirectement" financé en 2013 et 2014 des groupes armés dans le nord de la Syrie. Franck Fife, archives AFP

Trois juges parisiens ont été chargés d'enquêter sur le cimentier franco-suisse LafargeHolcim, soupçonné d'avoir indirectement financé des groupes armés en Syrie entre 2013 et 2014, dont l'organisation État islamique.

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L'enquête sur le cimentier franco-suisse LafargeHolcim, mis en cause pour avoir indirectement financé des groupes armés en Syrie, a été confiée à deux juges d'instruction du pôle financier et à un magistrat instructeur du pôle antiterroriste, a confirmé le parquet de Paris, mardi 13 juin.

Une information judiciaire avait été ouverte le 9 juin et visait notamment les chefs de "financement d'entreprise terroriste" et de "mise en danger de la vie d'autrui".

L'enquête devra déterminer les liens qu'a pu entretenir le géant du ciment avec plusieurs groupes en Syrie, dont l'organisation État islamique (EI), pour maintenir son activité dans le pays en guerre depuis six ans.

L'entreprise s'est dit prête à coopérer avec la justice mais dit ne pas avoir été contactée par le parquet à propos de l'ouverture de cette enquête.

>> Vidéo : le cimentier Lafarge aurait-il dû suspendre ses activités en Syrie ?

Le quotidien Le Monde, puis France 24, avaient décrit, dès juin 2016, les petits arrangements que les responsables de l'usine de Jalabiya (à 90 km de Raqqa) avait pris, notamment avec l'EI, pour maintenir l'activité de ce site. Le groupe terroriste s'en était finalement emparé en septembre 2014.

Ces révélations avaient poussé l'ONG Sherpa à déposer une plainte pour "financement du terrorisme" contre Lafarge en novembre 2016. Le ministère français de l'Économie avait, à son tour en janvier 2017, porté plainte pour une possible infraction à l'interdiction d'acheter du pétrole en Syrie.

"Si nous avons déposé une plainte avec constitution de partie civile, c'est bien pour que ceux qui ont été et sont responsables des infractions visées soient un jour traduits devant une juridiction de jugement", s'est félicitée l'avocate de Sherpa, Marie Dosé.

Le groupe LafargeHolcim avait reconnu en mars 2017 avoir conclu des accords pour maintenir l'activité de sa cimenterie dans la région malgré les troubles dans la zone. Son patron, Eric Olsen, quittera ses fonctions le 15 juillet afin de tenter de désamorcer ce dossier

La journaliste du Monde et de France 24 , Dorothée Myriam Kellou, à l'origine de ces révélations, a reçu lundi, à Washington, le prix TRACE d'investigation journalistique. Le jury a salué "un travail exceptionnel" et un "projet puissant" qui "traite, avec nuance et intelligence, les principes moraux posés aux entreprises installées en Syrie, déchirée par la guerre, et plus généralement dans toute la région".

>> Le cimentier Lafarge a-t-il vraiment tout fait pour protéger ses employés syriens ?

Avec AFP et Reuters

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