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Les barrières de corail sont un peu plus résilientes qu'on ne le croit

David Burdick/NOAA

Ouf. Une étude conduite sur une barrière de corail au large de l'île de Guam a conclu que les dommages causés par la pollution sur les coraux sont réversibles.

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On parle souvent de la Grande Barrière de corail, située au large des côtes australiennes, et dont la majorité des coraux blanchissent et meurent à une vitesse alarmante. Mais plus au nord dans l'océan Pacifique, du côté des îles Marianne, d'autres barrières de corail donnent une certaine lueur d'espoir.

VOIR AUSSI : On peut participer à la sauvegarde de la Grande Barrière de corail en buvant des bières

Une étude conduite sur une barrière de corail au large de l'île de Guam a en effet conclu que les dommages causés par la pollution sur les coraux sont réversibles.

"Nous voyons définitivement un impact lié à la pollution", explique Kiho Kim, professeur de sciences environnement à l'American University de Chicago et coauteur de l'étude, à Popular Science. "Mais en général, les barrières sont résilientes et peuvent revenir à leur état normal si le facteur d'endommagement disparaît."

Des coraux plutôt résistants

Publiée dans la revue Marine Pollution Bulletin le 8 mai, les résultats des scientifiques montrent les effets de l'azote, composant émanant des stations d'épuration et fosses septiques, sur les squelettes de corail. Le prélèvement a été fait dans la rivière Togcha, en aval d'une station d'épuration déversant ses déchets dans l'eau. L'équipe a prélevé un squelette de corail pour analyser son développement et l'effet de l'azote sur lui.

Kiho Kim explique qu'un corail se construit verticalement : "Un polype de corail apparaît, qui ressemble à une minuscule anémone. Puis il se divise et forme d'autres polypes, et ainsi de suite". Des étages s'accumulent ainsi, le squelette du corail s'effondrant pour laisser la place au corail "récent". "En prenant un échantillon du squelette, on peut donc voir la croissance annuelle des couches de corail, et voir l'impact de l'azote dessus".

Les scientifiques découvrent alors que même sur un corail mal en point, des tissus continuent de se développer. Le corail est toujours en bonne santé, malgré l'environnement dégradé par la pollution alentour.

Le réchauffement oui, la pollution non

L'étude s'est concentrée sur les effets de la pollution, et non de l'acidification des océans (dûe à la pollution au carbone) ou du réchauffement climatique, car ces deux causes "exacerbent simplement l'impact de la pollution à l'azote". Pour Kiho Kim, l'idée est simple : "Si nous arrivons à dépolluer les eaux autour de nos côtes, les coraux et les autres créatures pourront peut-être mieux s'adapter au changement climatique."

"Si nous arrivons à dépolluer l'eau, le corail pourrait mieux s'adapter au réchauffement climatique"

"La pollution joue probablement un rôle plus important que l'acidification dans la santé d'une barrière de corail", explique-t-il, "car la pollution a augmenté de manière tellement plus rapide et plus forte". Guam en est certainement le meilleur exemple : en 60 ans, la pollution exponentielle a causé un désastre écologique tout autour de l'île.

Que les coraux réussissent encore à se développer et à survivre dans un environnement ayant changé aussi brutalement est bon signe. Mais ces conclusions doivent être suivies d'action. "Si nous perdons les coraux, nous perdons un élément vital de notre planète", martèle professeur. Les habitants de Guam "peuvent agir sur le niveau de pollution."

Mais encore faut-il le vouloir. Car les solutions pour endiguer le niveau de déchets – et donc d'azote – rejetés a un coût. "La technologie est chère, mais nous devons comparer ces coûts à ce que nous coûterait la perte des barrières de corail et de l'écosystème". À vos calculettes écolos.

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