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VTC

Pour redorer l'image d'Uber, son patron prend un congé à durée indéterminée

Le retrait du PDG d'Uber, Travis Kalanick, est l'une des facettes du plan du spécialiste du VTC pour redorer son blason.
Le retrait du PDG d'Uber, Travis Kalanick, est l'une des facettes du plan du spécialiste du VTC pour redorer son blason. Money Sharma, AFP

Le PDG d'Uber, Travis Kalanick, a décidé de prendre un congé temporaire. Ce retrait s'ajoute à une série de recommandations pour améliorer l'image du groupe ternie par de nombreux scandales.

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Travis Kalanick, le PDG d'Uber, a accepté un CDI, un congé à durée indéterminée, mardi 13 juin. "Au final, je suis responsable de notre situation actuelle et de comment nous en sommes arrivés là", a écrit le controversé patron dans un courriel aux salariés du groupe, obtenu par le New York Times.

Ce retrait était attendu. Travis Kalanick est accusé d'avoir toléré, sinon favorisé, une culture d'entreprise toxique et macho, et il est impliqué personnellement dans une série de scandales qui ont fortement dégradé l'image du leader des VTC (voiture de transport avec chauffeur). "Si Uber était une société conventionnelle, cotée en Bourse, [Travis Kalanick] aurait été remercié par le conseil des directeurs, qui aurait pu chercher un remplaçant pour redonner une autorité morale au groupe", affirme le quotidien financier britannique Financial Times dans un article particulièrement virulent.

Mais les directeurs n'ont pas ce pouvoir et, faute d'être en Bourse, il n'y a pas d'actionnaires qui peuvent faire pression pour une telle solution. D'où une déception de certains critiques du groupe, à commencer par Susan Fowler, l'ex-ingénieure d'Uber par qui le scandale initiale est arrivé. Cette femme, qui avait dénoncé dans un billet de blog en février 2017 une culture de harcèlement sexuel au sein d'Uber, a jugé que "ce n'était que de la poudre aux yeux".

Trop d'alcool

Elle n'est pas plus tendre avec le reste des recommandations pour changer la culture maison. Le conseil des directeurs a, en effet, voté en faveur de l'application des mesures proposées par l'ancien procureur général des États-Unis Eric Holder, qui a étudié pendant cinq mois les pratiques des responsables d'Uber.

Ce document préconise avant tout de "décharger" Travis Kalanick de quelques prérogatives au profit d'un chef des opérations qu'il conviendrait de recruter. Eric Holder voudrait en outre que les responsables soient soumis à un entretien annuel pour évaluer leur capacité à diriger des équipes. La plupart des recommandations vise à renforcer le contrôle sur l'équipe dirigeante. Il était temps : depuis février, plus de 20 responsables accusés d'avoir abusé de leur position ont dû quitter Uber.

Mais Eric Holder s'intéresse aussi à des détails qui en disent long sur les pratiques d'un groupe valorisé à près de 70 milliards de dollars. L'ex-procureur général de Barack Obama insiste sur la nécessité "de limiter la quantité d'alcool disponible dans les bureaux" et il demande "de soutenir l'organisation d'événements en dehors des heures de travail qui n'inclut pas la consomption d'alcool". Il va même jusqu'à presser le groupe à mieux former ses dirigeants "aux comportements appropriés lors de fêtes d'entreprise". Une allusion à peine voilée à leur caractère très ou trop sexué, tel que décrit par certaines anciennes employées.

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