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Pour Macron, le départ d'Assad "n'est pas un préalable à tout"

Pour Macron, les priorités en Syrie sont la lutte contre les groupes terroristes et la stabilité du pays.
Pour Macron, les priorités en Syrie sont la lutte contre les groupes terroristes et la stabilité du pays. Geoffroy Van Der Hasselt, AFP

Dans un entretien accordé à plusieurs quotidiens européens, Emmanuel Macron déclare ne pas voir de successeur légitime à Bachar al-Assad dans la situation que connaît actuellement la Syrie.

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Pour le président français Emmanuel Macron, les priorités en Syrie sont la lutte contre les groupes terroristes et la stabilité du pays mais pas le départ de Bachar al-Assad du pouvoir.

Sur la Syrie, "je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar al-Assad était un préalable à tout. Car personne ne m’a présenté son successeur légitime !", a ainsi expliqué le chef d’État dans un entretien accordé à huit quotidiens européens (Le Figaro, Le Temps, Le Soir, Süddeutsche Zeitung, The Guardian, Corriere della Sera, El Pais et Gazeta Wyborcza) publié mercredi 21 juin sur Internet.

"Mes lignes sont claires. Un : la lutte absolue contre tous les groupes terroristes. Ce sont eux, nos ennemis. [...] Nous avons besoin de la coopération de tous pour les éradiquer, en particulier de la Russie. Deux : la stabilité de la Syrie, car je ne veux pas d’un État failli.", précise-t-il. Et d'ajouter : "L’utilisation d’armes chimiques donnera lieu à des répliques, y compris de la France seule."

La politique de Donald Trump peut "être imprévisible"

Concernant son homologue américain, Emmanuel Macron estime que Donald Trump "n’a pas encore élaboré le cadre conceptuel de sa politique internationale. Sa politique peut donc être imprévisible et c’est pour le monde une source d’inconfort".

"J’espère qu’on pourra faire en sorte que les États-Unis réintègrent l’Accord de Paris. C’est la main que je tends à Donald Trump. Je souhaite qu’il change d’avis. Car tout est lié. On ne peut pas vouloir lutter efficacement contre le terrorisme et ne pas s’engager pour le climat", poursuit-il.

Quant au dossier ukrainien, le président français annonce qu'une réunion aura lieu au format Normandie (Ukraine, Russie, Allemagne, France) avant le sommet du G20 des 7 et 8 juillet. "L’objectif de Vladimir Poutine, c’est de restaurer la Grande Russie, parce que c’est, selon lui, la condition de survie de son pays. Est-ce qu’il cherche notre affaiblissement ou notre disparition ? Je ne le crois pas", estime-t-il.

"J’ai un dialogue exigeant et lucide avec le président Erdogan"

Le nouveau président français a aussi été interrogé sur l’ouverture des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Il répète que la porte de l’UE reste ouverte aux Britanniques jusqu’à leur sortie mais souligne que le processus étant engagé, "il est très difficile de revenir en arrière".

À la veille du Conseil européen de jeudi et vendredi à Bruxelles, le président français déplore également l'attitude de certains États d'Europe de l'Est, dont la politique sur les libertés publiques et l'absence de solidarité face aux crises migratoires sont régulièrement critiquées par les autres Européens.

Enfin, au sujet de la Turquie, Emmanuel Macron explique qu'Ankara "heurte en ce moment certaines de nos valeurs mais partage certains de nos intérêts", notamment liés à la guerre en Syrie. "J’ai un dialogue exigeant et lucide avec le président Erdogan", poursuit-il, jugeant que "compte tenu des positions actuelles de la Turquie, il est évident qu’aller plus loin vers une intégration européenne n’est pas une évolution envisageable. Mais cela n’empêche pas une relation forte et constante".

Avec Reuters

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