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Moyen-Orient

Crise du Golfe : l'Arabie Saoudite et ses alliés envoient une liste de doléances à l'émir du Qatar

© Fayez Nureldine, AFP (archives) | L'émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 23/06/2017

L'Arabie Saoudite et ses alliés arabes ont transmis au Qatar, mis au ban depuis le 5 juin, une liste de treize requêtes présentées comme autant de conditions à une sortie de crise.

L’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l'Égypte ont transmis au Qatar, avec lequel ils ont rompu leurs relations diplomatiques et économiques le 5 juin, une liste de treize requêtes présentées comme autant de conditions à une sortie de crise.

Dans ce texte, les quatre pays demandent notamment à l'émir cheikh Tamim ben Hamad al-Thani de fermer la chaîne de télévision Al-Jazira, accusée de relayer la propagande de la confrérie des Frères musulmans, et de réduire ses relations avec l'Iran chiite, rival régional du royaume saoudien.

Doha a dix jours pour obtempérer

Le Qatar est aussi appelé à expulser les membres ou les éléments liés aux Gardiens de la révolution, armée d'élite de la République islamique iranienne, se trouvant sur son sol. Il devrait aussi rompre toute coopération militaire ou dans le domaine du renseignement avec Téhéran.

La chaîne d'information qatarie a dénoncé vendredi une atteinte à la liberté de la presse. "Nous, membres de la chaîne, pensons que tout appel à la fermeture d'Al-Jazira n'est qu'une tentative de faire taire la liberté d'expression dans la région et de supprimer le droit à l'information", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

>> À voir sur France 24 : "Les Émirats sont mal placés pour juger le Qatar en matière de terrorisme"

Les quatre États réclament également la fermeture d'une base militaire turque au Qatar, mais aussi l'extradition de toutes les personnes considérées comme "terroristes". Ils donnent dix jours à Doha pour obtempérer aux requêtes, transmises par le biais du Koweït, qui joue un rôle de médiateur dans le différend.

Le ministre d’État émirati aux Affaires étrangères, Anouar Gargach, a pressé vendredi le Qatar de prendre "au sérieux" cette liste de doléances, faute de quoi "le divorce sera effectif". Il a accusé l'émirat d'avoir fait "fuiter" la liste des demandes de ses voisins, ajoutant que Doha "cherche par cette fuite à mettre en échec la médiation" menée par le Koweït.

Washington s’implique

Riyad et ses alliés du Golfe, ainsi que l'Égypte et le Yémen, ont rompu leurs relations diplomatiques avec l'émirat gazier, qu'ils accusent de "soutenir des organisations extrémistes [qui] cherchent à déstabiliser la région", puis fermé toutes leurs frontières aériennes, maritimes et terrestres.

Le président américain Donald Trump affiche une position sévère à l'encontre du Qatar, qu'il accuse d'être un parrain "à haut niveau" du terrorisme, mais il a aussi offert son aide aux parties impliquées pour résoudre leurs divergences.

Quant au département d'État américain, il s'est dit "abasourdi", mardi, que les pays arabes qui ont rompu leurs relations avec Doha n'aient fourni aucune preuve à l'appui des accusations de soutien au terrorisme lancées contre l'émirat pour justifier son isolement. Le secrétaire d'État Rex Tillerson a invité le lendemain les pays arabes impliqués dans la crise à remettre à l'émirat leurs doléances afin de normaliser la situation.

Avec Reuters

Première publication : 23/06/2017

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