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Des scientifiques ont réussi à supprimer les souvenirs d'un cerveau... Mais c'était celui d'un escargot de mer

Darlyne A. Murawski / Contributeur, Getty images

Un pas de plus vers le bricolage de la mémoire ? Un étude publiée dans la revue Current Biology révèle comment des scientifiques ont sélectionné puis supprimé une partie des souvenirs du cerveau d'un escargot de mer.

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Des scientifiques de l’université McGill, à Montréal au Canada, sont parvenus à modifier une partie de la mémoire d’un escargot de mer. Des souvenirs ont été effacés de son cerveau, assurent-ils dans une étude publiée vendredi 23 juin dans la revue Current Biology, relayée par le site Motherboard. Alors que de nombreuses zones d’ombres restent à éclairer sur les mécanismes de fonctionnement de la mémoire, les scientifiques pensent déjà à développer un médicament qui pourrait permettre d’en faire autant chez l’homme. Oui, on est en plein "Eternal Sunshine of the Spotless Mind" !

VOIR AUSSI : Souvenirs créés, souvenirs effacés : notre mémoire peut être hackée

Pour mener leur expérimentation, ils ont eu recours à un escargot de mer. Eh oui, les escargots aussi ont des souvenirs. Relevant de la mémoire sur le long terme, les souvenirs sont stockés dans le cerveau via les synapses, des jonctions qui lient un neurone à l’autre. Les modifications qui ont lieu dans les synapses influencent l’état de notre mémoire et donc les souvenirs, expliquent les chercheurs dans l’étude. 

Des souvenirs ciblés grâce à une molécule

Attention, ça devient un peu technique. Avec l’escargot de mer, ils ont donc tenté d’agir sur les synapses en bloquant l’une des molécules qui les compose : la protéine Kinase M. C’est cette molécule, entre autres, qui joue un rôle clé dans les mécanismes des deux types de mémoire sur le long terme (la mémoire déclarative et la mémoire non déclarative).

Être capable d'agir sur les souvenirs pourrait soigner l'anxiété ou le stress post-traumatique

"Étudier les circuits neuronaux, en particulier l’identité des cellules spécifiques qui codent la mémoire n’est pas simple, encore moins lorsqu'il s'agit de déterminer si elles changent l’intensité de leur activité",  affirment les chercheurs. "Dans cette étude, nous sommes parvenus à modifier l'intensité de l’activité des synapses connues pour contribuer à la formation des souvenirs durables de plusieurs semaines", résument-ils.

En bloquant la molécule Kinase M, ils ont ainsi effacé une partie seulement des souvenirs du gastéropode gérés par la protéine.

Identifier un médicament pour l'homme

Pour le moment, les scientifiques ne savent pas si les souvenirs effacés le sont éternellement ou seulement provisoirement. Mais être potentiellement capable d’agir ainsi sur certains souvenirs ciblés sans altérer complètement la mémoire sur le long terme permettrait de soigner les personnes souffrant d’anxiété ou de stress post-traumatique.

C’est d’ailleurs la prochaine étape de leur recherche : identifier un possible médicament qui pourrait effacer certains de nos mauvais souvenirs. Mais allons-y mollo, les résultats d’une expérimentation menée sur des animaux ne disent pas forcément quelque chose quant à son impact sur l’homme. Il va donc falloir encore un peu patienter avant de voir nos fantasmes de façonnage de souvenirs devenir réalité. Enfin, nos fantasmes... Ou nos angoisses.

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