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"Conversations avec Monsieur Poutine", le polémique documentaire d'Oliver Stone

Extrait d'une scène du film où l'on voit Poutine en compagnie de Stone.
Extrait d'une scène du film où l'on voit Poutine en compagnie de Stone. capture d'écran

Le réalisateur américain Oliver Stone signe une série d’entretiens consacrés à Vladimir Poutine. Quatre heures d'interviews diffusées dès lundi soir sur France 3 qui font scandale en France tant le portrait du chef du Kremlin est panégyrique.

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Scandaleux, surprenant, embarrassant. Les réactions de la presse française au sujet du "documentaire" d’Oliver Stone sur Poutine, intitulé "Conversations avec Monsieur Poutine", ne manquent pas. Le cinéaste américain a réalisé une série d’entretiens consacrés au chef du Kremlin dont la diffusion débute lundi 26 juin sur France 3. La chaîne publique diffusera l'intégralité de cette rencontre, découpée en quatre parties, dont le caractère presque hagiographie a fait coulé beaucoup d'encre.

Entre admiration et connivence, le réalisateur quatre fois oscarisé donne au spectateur de longs entretiens laissant le président russe se livrer, sans qu’aucune contradiction ne vienne entraver la narration.

Pire, le réalisateur démocrate, habituellement prompt à dénigrer les dysfonctionnements des institutions américaines, multiplie les éloges. À commencer par l’exceptionnelle forme physique du chef de l’État. "Vous faites de l’exercice tous les jours ? Non ! ? Sept jours par semaine ! C’est trop !", s’étonne le cinéaste obséquieux. Plus navrant, il livre les mêmes commentaires sur les bombardements en Syrie. "Vous menez des frappes aériennes sept jours par semaine ! ? Wahou !"

"La perception de cet homme ne sera plus la même"

De longues séquences montrent un personnage décontracté, mâtinée d’images d’archives qui viennent toujours justifier la parole présidentielle, le tout ponctué de musiques héroïques offrant au monde un Poutine triomphant. Un résultat déconcertant de la part de ce démocrate, habituellement prompt à dénigrer les dysfonctionnements des institutions américaines.

Pour sa défense, Oliver Stone affirme avoir justement cherché à montrer un autre Poutine. "Si Vladimir Poutine est le plus grand ennemi des États-Unis, alors nous devons au moins essayer de le comprendre".

Par cette série d’entretiens, le réalisateur de "Platoon" ou de "JFK" prétend éclairer le public américain "qui a une vision médiévale" sur "son ennemi farouche depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il espère ainsi que "la perception de cet homme ne sera plus la même", a-t-il expliqué devant les médias français lors d’une conférence de presse.

"Poutine a pris du plaisir"

Est-ce là la seule fin du réalisateur américain ? Benoît Vitkine, journaliste au Monde.fr en doute. "Poutine n’est qu’un prétexte. C’est lui, le véritable héros de son film, et sa véritable cible, c’est l’impérialisme américain."

Une chose est sûre, "Poutine a pris du plaisir, intéressé par le processus et l’exercice intellectuel", a affirmé Oliver Stone. Et la presse russe a largement relayé le documentaire dans les médias. La chaîne Pierviy Kanal qui relaie l’idéologie officielle a diffusé la petite série sur son antenne et les agences russes ont multiplié les dépêches sur chaque citation du Président.

En France, la direction de France 3 qui diffuse le documentaire semble être allée au-devant d’éventuelles critiques en programmant un débat intitulé "Faut-il croire Poutine?" à l’issue de la diffusion du film pour apporter une contradiction.

 

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