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Balayé par les Springboks, le XV de France de Novès doit réagir au plus vite

Le sélectionneur des Bleus, Guy Novès, en grande discussion avec le président de la FFR Bernard Laporte.
Le sélectionneur des Bleus, Guy Novès, en grande discussion avec le président de la FFR Bernard Laporte. Franck Fife, AFP

Triplement corrigé par les Springboks lors de la tournée de juin, le XV de France de rugby repart d’Afrique du Sud avec de quoi plancher pour l'été. Examen de passage en novembre pour Novès et son staff, qui joueront gros sur la tournée d'automne.

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La gueule de bois est prononcée pour le rugby français en ce début de semaine. Humilié à trois reprises par l’Afrique du Sud lors de la traditionnelle tournée de juin, le XV de France panse toujours ses plaies et peine à se projeter avec sérénité, à deux ans d'un Mondial-2019 très attendu au Japon. Pour ces Bleus aux fesses rougies par trois déroutes de plus de vingt points face aux Springboks (14-37, 15-37 puis 12-35), les échéances sont désormais beaucoup plus courtes.

Dimanche soir, la première a même été fixée à l’automne prochain par le président de la Fédération française de rugby (FFR), Bernard Laporte. "Novembre sera déterminant, a asséné l’ancien ministre. On ne peut plus voir une équipe de France qui ne gagne pas, ce n'est pas possible [...] On joue deux fois les All Blacks [11 et 15 novembre, NDLR], on joue l'Afrique du Sud [18 novembre, NDLR] et on joue le Japon [25 novembre, NDLR]. L’objectif, c’est de gagner trois matches sur quatre."

L’ultimatum est lancé : lors de la tournée automnale, les Bleus devront déjouer tous les pronostics. Trois victoires, un bilan qui tiendrait du miracle ou presque. Car si le Japon – qui n’est plus que l’ombre de lui-même depuis le départ d'Eddie Jones à la tête de l'Angleterre – semble tout à fait à la portée de la France, les trois autres oppositions en perspective ont de quoi donner des sueurs froides aux hommes de Guy Novès.

Déjà, il sera question de laver l’honneur du maillot bleu face à des Springboks pas si à la rue qu’on voulait bien le croire il y a encore un mois. Compliqué. Surtout, il faudra au moins remporter l’une des deux confrontations face aux All Blacks, qui déroulent leur rugby comme jamais depuis plusieurs années. Lors de leurs dernières sorties, ils ont notamment atomisé les Samoa (78-0) avant de remporter assez largement le choc du week-end dernier face aux Lions britanniques et irlandais (30-15).

Éreintés ou blessés, les cadres ont lâché

On pourra certes se rappeler que la tournée de juin est traditionnellement compliquée pour les Bleus, qui sortent d’une longue saison à l’inverse de leurs adversaires du Sud. Le bilan de ces joutes printanières, avec seulement trois succès en 17 tests, est d’ailleurs peu reluisant sur la décennie passée. Et les Blacks et Boks qu’ils retrouveront en novembre sortiront à leur tour d’un éreintant exercice.

Reste que même avec une accumulation de voyants contextuels au vert, il est difficile d’imaginer les coéquipiers du capitaine Guirado remonter si vite la pente. Déjà, parce que les cadres ont failli comme rarement, à l’image des sorties manquées de Maestri ou encore Trinh-Duc. Surtout, parce que les révélations de la tournée précédente en Argentine n’ont pas suffisamment confirmées les espoirs placés en eux. Gourdon et Serein, notamment, ont paru bien émoussés même si le premier pourra se ranger derrière le fait qu’il a été aligné en 8 sur le deuxième test. D’une manière générale, c’est tout le XV ou presque qui a semblé au bout du rouleau. Guirado et Taofifenua ont clairement manqué de jus. Chavancy et Huguet, eux, ont fini sur le banc de l’infirmerie dès le premier round, rejoints par Picamoles quelques jours plus tard.

Un lourd bilan quelque peu atténué par les prestations convaincantes de Poirot chez les avants, qui a confirmé que ses ennuis physiques étaient désormais derrière lui. Et par la belle vivacité de Penaud, qui a marqué lors du deuxième test face aux Boks pour sa première cape.

Novès, désormais sans filet

Autant dire que les motifs de satisfaction sont bien maigres pour le staff de l’équipe de France, qui se sait désormais sur la sellette. Au soir de la troisième déroute des Bleus, Laporte est resté toutefois évasif sur les mesures qu’il prendrait en cas d’échec en novembre : "Des changements cela ne veut pas dire évincer des gens. Cela veut dire peut-être restructurer, changer." Pas de cible nominative, donc, mais une pression bien réelle sur tout l’encadrement, à commencer par celle qui pèse désormais sur le sélectionneur Guy Novès.

Présenté lors de sa prise de fonction en 2016 comme celui qui devait redonner au XV de France ses lettres de noblesse, l’ancien entraîneur du Stade Toulousain n’a pour l’heure pas réussi son pari. Après les règnes de Lièvremont (2008-11) et Saint-André (2012-15), force est de constater que le "french flair" n’est toujours qu’un lointain souvenir. Les résultats ne lui donnent pas non plus beaucoup de latitude, avec un bilan de 7 succès en 18 rencontres et quelques revers mémorables, à l’image de la gifle reçue en quart de finale de la Coupe du monde 2015 face aux All Blacks (62-13).

Laporte, qui a succédé à Pierre Camou à la tête de la Fédération fin 2016, a jusqu’alors fait preuve de pragmatisme sans toutefois manifester un grand enthousiasme à l’idée de travailler avec le "sorcier". Mais Novès, qui avait déjà grillé un joker lors du Mondial, vient sans doute de se mettre à nu et son mandat risque fort d’être en péril après l’été, d’autant qu’il disposera d’un nouvel outil pour la première fois : une "liste élite" concoctée par la FFR et la Ligue nationale de rugby (LNR), qui doit permettre à 45 joueurs de bénéficier d’un repos estival rallongé et d’une préparation adaptée aux besoins de la sélection nationale.

Une petite révolution à double tranchant pour le sélectionneur des Bleus, qui aura d’autant moins le droit à l’erreur à l’automne. À lui et son staff de trouver les bons leviers pour transformer en profondeur le visage d’un XV qui semble à la dérive depuis de trop longs mois.

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