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Trump rencontre Modi : les visas de la discorde

AFP

Le président américain Donald Trump rencontre pour la première fois le Premier ministre indien Narendra Modi sur fond de polémique autour des visas H1B pour les travailleurs étrangers et les ingénieurs indiens en particuliers.

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Satya Nadella, PDG de Microsoft, et Sundar Pichai, patron de Google, ont prouvé que l’émigration indienne a été une chance pour la Silicon Valley. Le Premier ministre indien Narendra Modi ne manquera probablement pas d’évoquer ces deux exemples lorsqu’il évoquera avec Donald Trump les restrictions à la politique d’immigration prônée par le président des États-Unis. Le devenir des visas H1B - réservés aux travailleurs qualifiés - devrait être l’un des sujets majeurs  de la première rencontre à Washington entre le Premier ministre indien et le locataire de la Maison Blanche, lundi 26 juin.

Trois propositions de loi contre ces visas

Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump a pris ces visas pour cible au nom de sa vision ”America First” (Les États-Unis d'abord) pour le marché du travail. Sa rhétorique revient à dire que les emplois accordés aux étrangers bénéficiaires de ces permis de travail pourraient revenir à des citoyens américains.

Conséquence de cette position : le programme de visas H1B n’a jamais été autant attaqué depuis ses débuts, dans les années 1990. Trois propositions de lois pour limiter le recours à ces travailleurs étrangers qualifiés ont été déposées au Congrès américain en un peu plus de quatre mois. Donald Trump a, lui-même, signé un ordre exécutif pour rendre le processus d’obtention du titre plus contraignant, tandis que le nombre de refus de l’administration américaine a grimpé en flèche.

Donald Trump a monté un dossier à charge pour justifier cet assaut législatif contre un programme qui bénéficie actuellement à un peu moins de 900 000 étrangers aux États-Unis. Le principal argument de l’administration républicaine est que près de 80 % de ces travailleurs sont payés moins que le salaire médian, ce qui handicape les candidats locaux. La Maison Blanche clame aussi que le système d’allocation de ces visas - la loterie - est détourné par des grands groupes de prestation de services informatiques qui soumettent des dizaines de milliers de demandes pour s’octroyer la part du lion des visas. Les républicains vont même jusqu’à accuser nommément les sociétés indiennes Infosys, Tata et Cognizant de s’adonner à ces pratiques.

En Inde, l’offensive anti-H1B a été vécue comme une attaque directe contre le pays. Il faut dire que sur les 275 000 demandes de visas professionnels acceptés en 2015, 195 247 émanaient des ressortissants indiens. Pour Narendra Modi, défendre ce programme est donc une affaire d’importance nationale. Les géants de la prestation de service informatique génèrent 60 milliards de dollars de rentrées fiscales pour l’économie indienne.

Les alliés de la Silicon Valley

Le Premier ministre indien pourra arguer que les groupes indiens sont, en fait, bons pour l’emploi aux États-Unis. Infosys a annoncé, en mai, qu’il comptait embaucher 10 000 salariés américains au cours des années à venir.

Mais les principaux alliés de Narendra Modi viennent de la Silicon Valley. Les géants de la Tech sont les importants utilisateurs de main d’œuvre qualifiée indienne. Quinze pourcent des effectifs de Facebook aux États-Unis sont des Indiens, bénéficiaires d’un visa H1B. Mark Zuckerberg, le PDG du géant des réseaux sociaux, a fondé le groupe de pression FWD.us pour défendre le droit de recourir à des travailleurs étrangers. Plusieurs entreprises américaines du secteur - dont Microsoft et Google - ont répondu indirectement aux accusations de Donald Trump en assurant n’avoir recours qu’à des travailleurs étrangers pour des postes très spécifiques où il n’y a pas de compétition avec des candidats américains.

Le sujet est politiquement tellement sensible pour Donald Trump et Narendra Modi que certains experts pensent que les deux interlocuteurs éviteront de l’aborder pour se concentrer sur des thèmes moins délicats comme... le climat et le protectionnisme américain.

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