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Procès Obiang : accusations fracassantes de la défense contre l'avocat des parties civiles

Teodorin Obiang, fils aîné du président de Guinée Équatoriale, en 2013
Teodorin Obiang, fils aîné du président de Guinée Équatoriale, en 2013 Jérôme Leroy, AFP

L’audience de lundi au procès des "biens mal acquis" de Teodorin Obiang a dérapé après que William Bourdon, avocat des parties civiles, s’est vu accusé d’avoir voulu renverser le régime par la défense du fils du président équato-guinéen.

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C’est une variation sur l’air de l’arroseur arrosé : lundi 26 juin, l'avocat de Sherpa et de Transparency international France William Bourdon s’est retrouvé au centre des débats après qu’un témoin cité par la défense de Teodorin Obiang dans le cadre du procès des biens mal acquis l’a accusé d’avoir voulu renverser le régime guinéo-équatorien.

Le procès en correctionnel du fils du président de Guinée équatoriale s’est ouvert la semaine dernière pour blanchiment d'abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d'abus de confiance et de corruption. Il fait suite aux plaintes des associations Sherpa et Transparency International, dont l'enquête a mis au jour un patrimoine considérable et les conditions douteuses dans lesquelles il a été constitué.

"Le paroxysme de la salissure"

"Je n'ai pas de preuve écrite", a averti Simon Mann, mercenaire britannique de 69 ans, avant de livrer son récit.

À la barre, le sexagénaire en costume sombre, lui-même condamné en Guinée équatoriale puis grâcié par le président Obiang après pour sa participation à un coup d'État en 2004, a affirmé avoir en 2011 "averti" le président Obiang que le financier américain "George Soros et William Bourdon (…) avaient l'intention de renverser le gouvernement". Ils auraient été assistés de deux autres protagonistes du coup d'état raté de 2004, l'opposant en exil Severo Moto et l'homme d'affaires Ely Khalil, a-t-il ajouté.

Selon lui, le président Obiang lui a alors montré un e-mail de 2007, "du bureau d'Ely Khalil à M. Bourdon, qui mettait en cause le comportement du vice-président [Teodorin Obiang]". Questionné par la présidente, il a affirmé qu'il n'avait pas été payé pour sa déposition devant le tribunal, mais défrayé.

Parvenant tout juste à contrôler sa colère, William Bourdon a dénoncé un "procédé qui atteint le paroxysme de la salissure", un procédé d'une "extrême gravité". Il a demandé que ces mises en cause soient actées, annonçant qu'il se réservait la possibilité d'engager des poursuites. Joint par France 24, William Bourdon annonce qu'il déposera plainte pour diffamation et usage de faux, dénonçant "un mail fabriqué".

Un pays où règnent la "kleptocratie" et la "corruption".

L'avocat de Teodorin Obiang, Me Emmanuel Marsigny, a ensuite versé aux débats le fameux mail de 2007, dans le cadre de la procédure pour diffamation intenté par le président Obiang contre l’ONG CCFD-Terre Solidaire. "Cette pièce a été obtenue de manière légale et traçable", affirme l'avocat à France 24.

Avant cet incident, le tribunal a vu défiler à la barre plusieurs témoins des parties civiles. Entrepreneurs, journalistes, ils ont évoqué la répression, décrit la Guinée équatoriale comme un pays où règnent la "kleptocratie" et la "corruption".

Le procès de Teodorin Obiang, accusé de s'être frauduleusement bâti en France un patrimoine considérable, est prévu jusqu'au 6 juillet. Il encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement et une amende qui pourrait atteindre quelque 50 millions d’euros.

Avec AFP

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