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Les ONG s’inquiètent du vote européen sur les perturbateurs endocriniens

Les ONG regrettent que les critères définis par l'UE ne s'appliquent pas aux produits d'hygiène.
Les ONG regrettent que les critères définis par l'UE ne s'appliquent pas aux produits d'hygiène. Eric Piermont, AFP

Les États membres de l'UE ont adopté mardi des critères de définition visant à réglementer l'usage des perturbateurs endocriniens. La France a voté en faveur du texte. Plusieurs ONG déplorent le manque d'ambition des mesures prônées.

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La France a qualifié mardi 4 juillet d'"avancée importante" le vote des États membres de l'Union européenne sur une définition des perturbateurs endocriniens, avec l'adoption de critères censés mener vers une meilleure réglementation. Pourtant les ONG, elles, se disent toujours inquiètes, et reprochent au texte de ne pas aller assez loin, autorisant l’utilisation de substance qu’elles jugent dangereuses.

L'exécutif européen avait déjà proposé des critères de définition en juin 2016, deux ans après la date promise, sous la pression des ONG et des États membres. Mais il a fallu un an et quelques amendements pour que le texte soit accepté par le comité technique chargé du dossier, au sein duquel siègent des experts représentant les 28.

Une fois appliqué, il "assurera que toute substance active utilisée dans les pesticides identifiée comme perturbateur endocrinien pour les personnes ou les animaux pourra être évaluée et retirée du marché", a expliqué le commissaire européen à la Santé Vytenis Andriukaitis, qui a qualifié la décision de "grand succès".

>> À lire : "Perturbateurs endocriniens : la Commission européenne est influencée par les lobbies allemands"

Des critères trop peu exigeants

Néanmoins, malgré la confiance affichée à Bruxelles, les critiques ont fusé. Chez les défenseurs de l'environnement, à l’instar de Genon K. Jensen, qui représente EDC-Free Europe, une coalition de plus de 70 organisations : "Les critères votés aujourd'hui (...) requièrent un niveau tellement élevé de preuve [de la toxicité des substances chimiques] qu'ils ne protègeront ni les humains ni la nature", a-t-il souligné.

De plus, les critères décidés mardi s'appliqueront dans le cadre de la réglementation des pesticides. Mais les perturbateurs endocriniens se retrouvent dans de nombreux produits de la vie courante, comme les cosmétiques et les jouets pour enfants.

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques susceptibles d'agir sur le système hormonal et d'être à l'origine de dysfonctionnements comme l'obésité ou l'infertilité, de malformations congénitales ou de retard de développement. "Ce qu'aurait dû faire la Commission, c'est adopter des critères horizontaux qui s'adapteraient à n'importe quel secteur", a déploré Alice Bernard, de l'ONG ClientEarth.

En outre, l'exemption offerte pour certains pesticides qui agissent pour affecter le système endocrinien de leurs "cibles" (un insecte désigné) mais pas celui d'autres "vertébrés", dont les humains, fait enrager les opposants à ces nouveaux critères.

Nicolas Hulot se dit satisfait de l'avancée

La France, longtemps critique, a finalement voté en faveur du texte amendé (comme 20 autres États membres), arguant d'un texte améliorée par rapport au premier projet car concernant les perturbateurs endocriniens "présumés", et non plus seulement avérés.

"On a gagné une bataille mais pas la guerre", a expliqué le ministre français de la Transition écologique Nicolas Hulot, regrettant en particulier de ne pas avoir pu faire supprimer l'exemption pour les pesticides conçus comme des perturbateurs endocriniens.

Pour autant, Paris se réserve le droit d'interdire unilatéralement certaines substances sur son territoire, comme la législation européenne le lui permet.

La Suède, qui comme le Danemark a voté contre, a estimé que les critères retenus "ne sont pas en ligne avec les réglementations de base et les niveaux élevés de protection auxquels ils se réfèrent". Stockholm promet aussi de continuer à argumenter pour amender encore le texte.

Le Conseil de l'Europe (représentant les 28) et le Parlement européen, disposent désormais de trois mois pour examiner le texte avant sa finalisation.

Avec AFP et Reuters

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