Accéder au contenu principal

Google finance Radar, un média alimenté par une intelligence artificielle

The People Speak!/Flickr

Google vient d'accorder 700 000 euros à la création de Radar, un média local britannique dont tous les articles seront produits par une intelligence artificielle. Un investissement qui pose la question récurrente de l'avenir du métier de journaliste.

PUBLICITÉ

Google croit à fond en l'innovation journalistique. À tel point que l'entreprise est prête à financer des médias qui n'embaucheront non pas des journalistes mais des robots.

VOIR AUSSI : Pour contourner la censure au Venezuela, des journalistes organisent des journaux télévisés sauvages dans les bus

Le fonds Google "Digital News Initiative", qui s'élève à 150 millions d'euros, a annoncé le 6 juillet qu'il financerait un média d'actualités locales au Royaume-Uni. Mais ce média, nommé Radar, a une particularité : tous ses articles seront rédigés par des robots, plus précisément par une intelligence artificielle.

Radar (pour Reporters And Data and Robots) est une initiative lancée par Press Association (PA). Ce regroupement de titres de presse britanniques a reçu au total 706 000 euros de la part du fonds Google pour mettre en place ce projet innovant. Développé en partenariat avec la start-up Urbs Media, Radar a pour but de répondre à "la demande grandissante d'aperçus cohérents et factuels sur les communautés locales" selon PA.

Ce nouveau média produira jusqu'à 30 000 articles par mois, tous en lien avec l'actualité locale et régionale. "C'est un développement incroyablement excitant pour PA", témoigne son rédacteur en chef Peter Clifton au Guardian. "Ça va changer la donne pour les titres de presse au Royaume-Uni et en Irlande."

La fin du métier de journaliste ?

En France, une telle innovation a déjà vu le jour en 2015 à travers la start-up Syllabs. Elle a fourni au quotidien Le Monde plusieurs articles à l'occasion des élections départementales, en analysant la data liée au vote.

"Les éditeurs ont conscience qu'il faut produire davantage de contenus qui ne nécessitent pas forcément un journaliste", assurait alors Helena Blancafort, cofondatrice de la start-up. "Ce sont des articles qui ne verraient pas le jour autrement."

"Radar permet de produire un volume d'articles qui serait impossible à atteindre manuellement"

Pour autant, le métier de journaliste n'est pas forcément menacé. D'abord parce que la production d'articles par des robots et autre intelligence artificielle exigera des choix d'orientation éditoriale et de la correction. Ce qu'on demande à la technologie, c'est simplement une grande productivité : "Les journalistes humains qualifiés seront vitaux dans ce processus", confirme Peter Clifton. "Mais Radar nous permet d'exploiter une intelligence artificielle pour produire un volume d'articles qui serait impossible à atteindre manuellement."

Il ne reste qu'à espérer que ces économies et cette production massive d'articles permettront aux journalistes d'effectuer un travail de terrain et d'investigation sans être pris par le temps, et de se consacrer à des tâches plus enrichissantes que la simple reprise de dépêches.

Mais à une époque où, en France comme au Royaume-Uni, la tendance est aux restrictions budgétaires et à la suppression de postes, rien n'est moins sûr. "L'absence d'investissement dans le journalisme et les journalistes est un problème énorme au Royaume-Uni", souligne Tim Dawson, le président de l'Union nationale des journalistes britanniques. "Si de l'argent circule, voilà dans quoi il devrait être investi."

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.